Bains de forêt printaniers

Forêt printanière et ses bienfaits

J’adore le printemps. Ce moment où la vie se réanime après le long hiver de dormance. J’aime l’hiver, mais, quand arrive le printemps, je suis prête pour de la vie en abondance, du frétillement de mouvement, de la chaleur sur ma peau, etc.

Une des choses qui me nourrit au printemps, c’est l’odeur de la terre qui dégèle. C’est la matrice mère et nourricière qui se réveille. La terre qui remet en mouvement les nutriments qu’elle a emmagasinés, les forces de vie qu’elle a protégées du gel. En plus, ça coïncide avec le pépiement des oiseaux qui s’emballent! C’est comme si eux aussi nous incitaient à trouver plus de liberté en soi!

C’est aussi à ce moment que le vert tendre fait son entrée. Quelle magnifique couleur pétillante de promesses! Cette période dure un court laps de temps, mais elle me remplit systématiquement de joie. Pendant sept années, j’ai travaillé dans des jardins d’herboristerie et, chaque fois, ce doux vert annonçait le début de la saison des récoltes, du temps passé dehors, du vent, du soleil sur ma peau. Un réel ravissement après les mois hivernaux plus intérieurs et introspectifs.

Le vert tendre, c’est le moment de cueillir les jeunes feuilles d’arbres et les bourgeons de conifères (voir l’article : Le printemps des conifères). C’est le moment où l’on retrouve doucement la densité du couvert forestier. Marcher en forêt au printemps, c’est retrouver la vie qui émerge!

Sylvothérapie, les bains de forêt

Se promener en forêt, c’est thérapeutique en soi et ça connecte à la vie. Surtout si on a de bonnes bottes d’eau. Odeur de l’humus, champignons printaniers, etc.

Au Japon, la sylvothérapie (la pratique de prendre des bains de forêt) existe depuis longtemps sous le nom de Shinrin Yoku. Le docteur Qing Li, médecin japonais, a documenté scientifiquement les bienfaits de cette pratique. Il a mis en évidence que ces bains de forêt permettent de diminuer les taux de cortisol et d’adrénaline dans le corps; ils ont donc un attrait particulier pour tous les stressés de ce monde.

La diminution du taux de cortisol dans le corps a une incidence apaisante directe sur la tension artérielle et les battements cardiaques. C’est pourquoi une immersion en nature ralentit le rythme cardiaque. Il suffit d’être en contact avec la forêt pour en ressentir les bienfaits.

La forêt soutient notre immunité

De plus, ce contact à la nature contribue à améliorer l’immunité, soit l’efficacité des cellules tueuses de notre corps, en plus d’améliorer les fonctions cognitives. Le docteur Qing Li a aussi mis en évidence la présence de certaines molécules aromatiques : les phytoncides. Celles-ci sont comparées aux huiles essentielles. Donc, un bain de forêt est en même temps une diffusion gratuite d’arômes naturels!

La respiration est très importante. Des respirations amples permettent à la fois de nous calmer et d’inhaler ces précieuses composantes. Porter attention à sa respiration est une clé de bien-être en soi, le faire en forêt nous donne des avantages thérapeutiques en plus!

Le silence est central dans la pratique du Shinrin Yoku. Le silence donne de l’espace à ce qui veut émerger.

De plus, les gens sont invités à expérimenter la lenteur, pour ainsi vraiment vivre et observer la nature. Certes, de simples randonnées en nature sont déjà nourrissantes, mais la pratique de la sylvothérapie se déroule à un rythme qui permet de prendre des pauses et de connecter tous ses sens avec le milieu environnant. Il est donc tout indiqué de s’arrêter devant un arbre pour bien l’observer et entrer en connexion avec lui.

Les observations du docteur Qing Li lui ont permis de mettre en évidence le lien entre la densité de la forêt et les bienfaits éprouvés. Ces bienfaits étant directement proportionnels à la densité de la forêt, à la diversification et à la hauteur des arbres ainsi qu’à l’étendue de l’espace forestier. Que de bonnes sources de motivation pour aller marcher régulièrement en forêt!

On savait déjà que la forêt était bonne pour nous, manquait plus que la science pour nous donner raison d’aller nous y promener régulièrement! Je vous invite à profiter de la forêt avec ses bourgeons, ses feuilles naissantes. Ses odeurs, ses textures, ses bruits. À pratiquer la lenteur pour déguster la nature qui se réveille, les oiseaux qui pétillent de vie. La nature pourra ainsi mener à bien sa tendresse à votre égard et vous permettre de bénéficier de ses vertus thérapeutiques.

 

ARBRES : MESSAGERS DE NOS FORÊTS

Les arbres prennent une grande place dans nos forêts. Pour moi, ils enseignent la sagesse du temps, la lenteur des processus, la droiture, la capacité de rester au centre de soi, dans son axe vertical, les pieds sur terre et la tête au ciel, etc.

Chacun d’eux à sa signature; entrer en contact avec celle-ci nous permet de recevoir leur médecine. Alors, je vous invite à aller à la rencontre de ces êtres, à les découvrir, à les prendre dans vos bras, à les toucher, à vous adosser sur leur tronc, à communiquer avec eux.

Voici quelques arbres et ce qu’ils m’inspirent. Notez tout de même que chaque rencontre est unique, car nous sommes tous des êtres uniques et que les arbres aussi sont influencés par leur milieu de vie.

Bouleau à papier (Betula papyrifera)

bouleau à papier, aussi connu sous le nom de « bouleau blanc »
Bouleau à papier (Betula papyrifera)

Un des premiers arbres qui nous fait bénéficier du vert tendre printanier, c’est le bouleau. Je t’aime bouleau! Il est vraiment empreint de l’énergie du recommencement, du renouveau. Cet arbre me rappelle toujours la renaissance, car il est le premier à repousser après une dévastation de la forêt. Il pourrait être un arbre où vous vous arrêtez, afin qu’il vous aide à faire un passage, à laisser aller le vieux pour accueillir le nouveau.

 

Les pins

Bains de forêt printaniers
Pin

Les pins sont pour moi les grands sages de la forêt. Souvent, les pins sont les arbres qui sont les plus grands, qui surplombent la communauté, qui amènent de la perspective. Ils nous aident à voir la vue d’ensemble sur des situations qui nous préoccupent.

 

M (Larix laricina)

Mélèze laricin (Larix laricina)
Mélèze laricin (Larix laricina)

Le mélèze me touche par sa délicatesse qui nous connecte à la subtilité du monde que l’on habite. Je trouve que c’est un semeur d’or qui sait se renouveler année après année. Il sait à la fois laisser aller et reconstruire du beau, amenant ainsi résilience et foi.

 

 

Thuya occidental (Thuja occidentalis)

Thuya occidental aussi nommé « cèdre blanc »
Thuya occidental (Thuya occidentalis)

Quel magnifique protecteur, doux et puissant à la fois. Il est souvent connu sous l’appellation : cèdre blanc. Lorsque je le rencontre en forêt, il se dégage toujours une énergie très puissante et douce autour de lui. Je dirais qu’il enseigne à faire le ménage autour de soi pour mieux habiter son cœur. C’est d’ailleurs un des arbres que j’adore utiliser en encens pour nettoyer l’énergie dans ma maison.

 

Profiter de la forêt!

Finalement, le printemps nous invite à profiter de la forêt, de ses arbres et de leurs bienfaits. La forêt printanière nous invite aussi à mettre du mouvement en nous, à faire circuler la vie, à mettre de la croissance dans notre existence.

Que le printemps et les arbres nous énergisent de leur vitalité!

 

 

Références

SAGET, Isabelle. « Le bain de forêt est une thérapie qui nous est offerte par la nature », Plantes et Santé, no 191, juin 2018, p. 20-22.

http://www.shinrin-yoku-quebec.org/

 

AUTRICE : Sandie Bouthillette

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