Comment créer son jardin de plantes médicinales

Petit guide pour un jardin de plantes médicinales réussi

Par Ariane Bilodeau
• 26 mars 2021

Lorsque l’on débute en herboristerie, notre enthousiasme nous amène parfois à faire quelques excès. Des litres de concentrés liquides en tout genre emplissent nos armoires alors qu’un demi-litre aurait amplement suffi. Des dizaines de plantes séchées différentes que l’on n’utilise pas prennent la poussière dans un coin. À l’inverse, certaines choses peuvent nous sembler immenses alors qu’en réalité, elles sont beaucoup plus simples qu’il n’y paraît. Partir son premier jardin de plantes médicinales peut en faire partie. Voici donc un petit résumé des trucs pour bien débuter.

Pour commencer son jardin médicinal: quel emplacement choisir?

À l’Herbothèque, j’ai fait un jardin de démonstration qui comprend suffisamment de plantes pour avoir une pharmacie naturelle bien garnie et qui permet d’intégrer toutes sortes de plantes aromatiques médicinales dans son assiette tout au long de l’été. Il fait environ 3 x 8 mètres avec une forme irrégulière. Bien entendu, un plus petit jardin ou même un balcon peuvent vous permettre de cultiver vos premières plantes. Les critères à respecter sont un bon ensoleillement et un sol bien drainé. Ensuite, l’ajout de compost se fera uniquement aux plantes plus gourmandes.

Quelles plantes mettre?

Voici les plantes que j’ai mises dans notre jardin démo, ainsi que les quantités de chacune d’entre elles. Bien entendu, si une plante est essentielle pour vous ou que vous en utilisez une autre en très grande quantité, adaptez votre jardin en conséquence.

Achillée millefeuille

Achillée millefeuille (Achillea millefolium)

(Achillea millefollium), trois plants. Elle s’étend beaucoup avec le temps donc nul besoin d’en mettre plus. Elle ne requiert pas de soins particuliers.

Camomille allemande

Camomille allemande (Matricaria chamomilla)

(Matricaria chamomilla), sept plants. Elle est plus belle et se tient mieux lorsqu’elle pousse en groupe. Je mets souvent plusieurs graines (6 à 8) par trou lors du semis ce qui donne un bosquet plus gros. Si vous faites vos propres semis, vous verrez que les graines sont minuscules; on peut donc les mélanger avec du sable si on ne veut pas tuer trop de bébés plants en éclaircissant. Si votre sol est pauvre, l’ajout de compost lui fera plaisir.

Calendule

 Calendule (Calendula officinalis)

(Calendula officinalis), cinq plants. Le soleil s’invite au jardin avec cette plante. Ses fleurs orange sont de toute beauté. Elle aime un ajout de compost si le sol n’est pas très riche. Elle se cultive aussi très bien en pot.

Cataire

Cataire (Nepeta cataria)

(Nepeta cataria), trois plants. Un ajout de compost léger lui fait toujours plaisir.

Molène

Molène (Verbascum thapsus)(Verbascum thapsus), un à trois plants. Si par bonheur vous avez la chance d’avoir un emplacement qui lui plaît, elle vous le rendra pleinement et un seul plant vous comblera. Celle qui s’est invitée dans notre jardin faisait plus de 60 cm de diamètre à la base et plus de deux mètres de haut. Elle apprécie un sol chaud et très bien drainé. Aucun compost n’est nécessaire.

Mauve musquée

Mauve musquée (Malva moschata)(Malva moschata), deux à trois plants. Elle aime un ajout de compost.

Basilic doux

 Basilic doux (Ocimum basilicum)(Ocimum basilicum), trois à cinq plants ou plus si vous êtes comme moi et que vous en mettez dans toutes vos recettes. Une multitude de variétés sont maintenant offertes sur le marché. Pour ma part, je trouve que le classique Genovese que l’on retrouve partout reste le plus productif du lot. C’est une plante gourmande qui aime un bon apport de compost et un été chaud. Couper les fleurs en début de floraison pour stimuler la production de feuilles. Le basilic est une plante qui adore pousser en pot sur un balcon.

Avoine cultivée

Avoine cultivée (Avena sativa)(Avena sativa), trois à cinq ronds. Nous avons l’habitude de voir les grains pousser dans de grands champs à perte de vue. Il peut donc vous paraître surprenant de voir cette plante dans ma liste. Seulement, je ne voudrais pas me passer de ses bienfaits sous prétexte que je n’ai pas des hectares de champs à ma disposition. Comme beaucoup de graminées, l’avoine aime bien pousser en groupe. J’aime beaucoup la semer en cercle de 30 cm de diamètre. De cette façon, il est possible d’avoir un très bon rendement sur une très petite surface tout en respectant les besoins de la plante. De plus, c’est très esthétique. Un sol riche lui fait plaisir. Attention à ne pas la semer trop serré.

Échinacée pourpre

(Echinacea purpurea), cinq plants. C’est une plante qui pousse toute seule dans mon jardin. Elle revient toujours plus belle d’année en année sans que je fasse quoi que ce soit si ce n’est de lui envoyer de l’amour lorsque je la rencontre. Comme elle ne se récolte pas avant plusieurs années, il est judicieux de noter dans un carnet l’année de plantation et de replanter un nouveau plant après la récolte afin de toujours avoir de l’échinacée prête à récolter.

Grande ortie, menthe à épis, menthe poivrée

 Grande ortie Urtica dioica
Urtica dioica
 menthe à épis Mentha spicata
Mentha spicata
menthe poivrée Mentha x piperita
Mentha x piperita

(Urtica dioica, Mentha spicata, Mentha x piperita). Ces trois plantes se retrouvent à la même place, car elles ont toutes les trois le défaut de leur qualité. C’est-à-dire qu’elles aiment prendre de la place et qu’on peut facilement perdre le contrôle si on ne prend pas garde. Pour éviter de se retrouver dans la situation délicate qui consiste à les désherber de façon constante et acharnée, il est possible de les contenir à l’aide de bande en plastique vendue dans les centres de jardin pour délimiter les plates-bandes. Faites des ronds d’au minimum 60 cm de diamètre. Comme ces plantes n’auront pas autant de place qu’elles en auraient besoin, il est important de leur donner suffisamment de nutriments avec l’ajout de compost chaque année.

Lavande à petites feuilles, sarriette des montagnes, sauge officinale, hysope officinale, thym

Lavande à petites feuilles, sarriette des montagnes, sauge officinale, hysope, thym(Lavandula angustifolia, Satureja montana, Salvia officinalis, Hyssopus officinalis, Thymus vulgaris), un à deux plants. Ce sont toutes des plantes riches en huiles essentielles qui nécessitent un sol bien drainé et de la chaleur pour développer leur plein potentiel aromatique. Pour augmenter la chaleur si vous habitez dans une région plus froide, vous pouvez recouvrir le pied des plants avec de petites roches qui conserveront la chaleur et réchaufferont ceux-ci la nuit. Vous pouvez aussi tout simplement planter vos plants à l’abri d’une grosse roche.

Grande camomille

Alchémille jaune-vert (Alchemilla xanthochlora)

(Tanacetum parthenium), trois à cinq plants. Une autre plante très facile à cultiver qui ne demande pas de traitement particulier.

Alchémille jaune-vert

Alchémille jaune-vert (Alchemilla xanthochlora)(Alchemilla xanthochlora), deux à trois plants. Cette plante est heureuse dans un sol riche. Elle appréciera l’ajout d’un bon compost.

Millepertuis commun

Millepertuis commun (Hypericum perforatum)(Hypericum perforatum), trois plants. C’est une plante que l’on retrouve régulièrement à l’état sauvage et qui ne demande pas beaucoup d’entretien.

On sème soi-même ou on achète en pépinière?

Il est évident que si vous avez la place et l’envie de semer vous-même, je vous y encourage fortement. Seulement, la charge de travail que représente l’entretien de plantules peut en insécuriser plus d’un. Un compromis est donc possible. Semer les annuelles comme la calendule, la camomille et le basilic ou l’avoine dont le résultat sera en général plus réussi que de transplanter des plants achetés. Et acheter les vivaces qui auront une année complète pour s’adapter à leur nouvel environnement.

Trucs et astuces en vrac

  • Ne récoltez pas vos vivaces la première année même partiellement. Elles ont besoin de toute leur énergie pour bien s’implanter et être à leur meilleur l’année suivante. Si vous ne pouvez vraiment pas attendre, allez-y parcimonieusement pour l’essayer l’été même, mais attendez pour vos grosses récoltes de conservation et de transformation.
  • Coupez les fleurs et les boutons floraux des plantes que vous transplantez. Elles auront une meilleure reprise au jardin, car toute leur énergie se concentrera dans l’enracinement au lieu de la floraison. Vos récoltes futures ne seront que plus garnies.
  • Si vous êtes comme moi et êtes un peu jardinier paresseux, l’ajout d’un paillis (paille, feuilles mortes, paillis de cèdre) vous facilitera grandement la tâche en contrôlant l’humidité et la pousse des adventices.
  • La pluie et le temps gris sont souvent moins attirants pour jouer dehors. Par contre, c’est le temps parfait pour transplanter vos précieuses amies au jardin. Vous éviterez ainsi les risques de brûlure par le soleil et des plants qui fanent à vue d’œil. Et, même s’il pleut, un bon arrosage est essentiel pour une transplantation réussie.

Bon jardinage!!

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Johanne Fontaine

C’est en 1993 que Johanne a commencé son apprentissage en herboristerie avec Danièle Laberge et elle est toujours aussi touchée et émerveillée par la beauté, la générosité et l’efficacité des plantes. Elle enseigne depuis la fin des années 1990 et c’est une passion pour elle de faire découvrir l’univers fascinant du monde végétal. Elle a élaboré Les herbes enchantées, des jardins à visiter à Roxton Pond en Estrie où elle avait rassemblé plus d’une centaine de variétés disposées par plates-bandes thématiques. Pendant neuf années, elle a accueilli visiteurs, stagiaires et élèves dans ce lieu bucolique. Depuis 2006, elle travaille à l’Herbothèque où elle participe à la rédaction du matériel de cours et accompagne les étudiants dans leur démarche tout en continuant sa pratique d’herboriste thérapeute accréditée et de coach. Elle s’est impliquée dans les associations d’herboristerie au niveau provincial et fédéral. Elle est également poétesse et harpiste.

Catherine Lalonde

Catherine est convaincue que l’herboristerie est une solution pour l’avenir de la santé communautaire de même que celle de la planète; elle travaille à la promouvoir comme médecine de première ligne afin d’amener le plus de gens possible à découvrir cet art et à se l’approprier. Elle est l’auteure du cahier éducatif pour enfants, Monsieur Plantain. Catherine a enseigné et travaillé à l’Herbothèque de 2008 à 2020. Elle a participé à coécrire plusieurs cours offerts par l’Herbothèque. En 2016, elle a créé son entreprise, Sauvages & Cultivées, qui se spécialise dans la production de plantes séchées et de produits variés. Depuis septembre 2020, elle se consacre au rayonnement de son entreprise.

Anne Vastel

Anne pratique l’herboristerie depuis plus de quinze ans et accompagne des personnes atteintes du cancer du sein depuis les débuts de sa pratique. Elle a fait des formations complémentaires en Colombie-Britannique auprès de Chanchal Cabrera et aux États-Unis auprès de Donald Yance pour approfondir ses connaissances de la maladie et des plantes médicinales. Elle se spécialise aussi dans l’accompagnement des personnes atteintes de la maladie de Lyme. Ces années de pratique lui permettent aujourd’hui de partager ses expériences avec vous afin que vous ayez plus de réponses à vos questions et que vous puissiez faire des choix qui vous conviennent. Anne se passionne aussi pour la médecine chinoise.

 

Natacha Imbeault

Enfant, elle a passé des heures à explorer la nature qui la fascinait. Les plantes et la santé naturelle sont depuis 1988 dans la vie de Natacha. Depuis janvier 2002, elle est copropriétaire et directrice de l’Herbothèque inc. Ses fonctions l’ont amenée à suivre diverses formations en gestion des affaires et en marketing. Natacha s’occupe du développement, de l’approche pédagogique des formations et dirige l’équipe, en plus de participer à la rédaction et à la mise à jour de documents académiques.

Éveilleuse, maitre herboriste, thérapeute multidisciplinaire en médecine naturelle et croissance personnelle, maitre reiki (depuis 1994), elle est entrepreneure, enseignante, chroniqueuse et conférencière. Elle œuvre dans le milieu de la santé naturelle depuis 1991 et depuis 1995 comme herboriste. Elle fait partie du Conseil des Sages de la Guilde des herboristes. Elle a siégé à plusieurs reprises au conseil d’administration, ainsi qu’au comité de l’aile professionnelle de la Guilde des herboristes du Québec. Elle est elle-même Herboriste thérapeute accréditée par l’aile professionnelle de la Guilde.

En plus de ses compétences entrepreneuriales, elle a comme thérapeute une approche holistique et un coffre à outils diversifié : reiki, herboristerie, naturopathie, élixirs floraux, alimentation, approche psychospirituelle, PNL, outils d’interventions TRIMA, formation en rite de passage, médecines énergétiques, médecine traditionnelle et plus encore.

Passionnée par la vie et la santé sous tous ses aspects, c’est pour elle une joie et un privilège d’accompagner l’autre dans son chemin vers la guérison, une plus grande connaissance de lui-même et de la vie qui nous nourrit. Femme médecine, elle porte et transmet la sagesse et les bienfaits de la terre et de la nature.

Son but premier, à travers tous les contacts et les enseignements qu’elle offre, est de transmettre son profond amour et son grand respect pour toutes formes de vie, dans le but d’éveiller en chacun un amour et une passion sans limites pour soi, les autres et la vie.