De quel bois peut-on se soigner?

Les écorces d’arbres, on le sait, ont été très utilisées par les peuples autochtones. Comme ils vivaient dans une contrée très boisée, ce n’est pas étonnant qu’ils aient développé un lien particulier avec les arbres et les arbustes.

Au mois de décembre, les feuilles des arbres sont tombées, sauf celles du hêtre qui garde ses feuilles séchées durant l’hiver. C’est d’ailleurs une façon de le reconnaître.

Les arbres, leurs troncs et leurs écorces deviennent le paysage. Bien sûr, et heureusement, il y a les conifères qui gardent leur verdure. C’est un bon moment de prendre le temps de mieux les regarder car tous ces arbres sont maintenant plus présents à notre vue.

Les indiens d’Amérique étaient en lien étroit avec leur environnement. Ils savaient se soigner avec les plantes. Comme ils vivaient dans un environnement de forêts, ils utilisaient beaucoup les arbres et les arbustes dans leur pharmacopée.

Ils disaient qu’ils recevaient ce savoir dans les rêves, mais la réponse dans le corps physique était le test ultime pour qu’une plante devienne un remède.

En hiver, les arbres, leurs tiges, leurs branches, leurs écorces sont des remèdes à redécouvrir.

En voici quelques uns :

Aulne
(Alnus spp.) Les aulnes font partie de la famille des Bétulacées.
Les Aulnes possèdent des racines superficielles et, au contraire de la plupart des autres genres indigènes, les poils absorbants sont groupés sur des nodosités habitées par des micro-organismes qui transforment l’azote de l’air en substances azotées assimilables par les plantes. La plante utilise ces substances tant que la racine reste vivante, mais après ce sont toutes les autres plantes qui en profitent lorsque les radicelles pourrissent et libèrent cet azote dans le sol. C’est ainsi que l’aulne contribue à conserver la fertilité des sols.

L’écorce est lisse chez les jeunes arbres et marquée de longues lenticelles horizontales évidentes. Elle contient un pigment rouge qui donne au bois fraîchement coupé une coloration anormale, surtout lorsqu’il est mouillé.

Le bois est léger, tendre et assez peu résistant.

Leur écorce contient des lignanes (dont le diméthoxyisolaricirésinol), des tanins, de l’émodine (une anthraquinone) et des glycosides phénoliques (incluant du lyonoside), de l’alnuline, de la protoalnuline, du phlobaphène, des triterpènes et des phytostérols. Elle contient de la salicine qui se décompose en acide salicylique dans le corps humain.

Elle est altérative (permet de nettoyer le corps en expulsant les toxines – utile contre les maladies chroniques), astringente, fébrifuge, émétique (vomitive), hémostatique (arrête les saignements), laxative, ophtalmique (pour soigner les yeux), stomachique, parasiticide, vermifuge et tonique.

L’écorce d’aulne peut s’utiliser en gargarisme contre les maux de gorge, les problèmes de gencives et de dents. Une décoction peut être utilisée pour les maux de dents et comme rince-bouche.

En compresses sur les ulcères variqueux.

En douche vaginale pour les infections ou déséquilibres du milieu vaginal.

Une décoction de l’écorce interne est utilisée comme collyre (médicament liquide pour les yeux) en bain pour les yeux.
L’action asséchante, astringente de l’écorce aide à contracter les muqueuses et réduit l’inflammation.

On l’utilise en interne et en externe pour les rhumatismes.

Une décoction peut être utilisée pour étancher les saignements interne ou externe et pour aider à la cicatrisation des blessures. L’écorce externe est astringente et peut être appliquée en cataplasme pour soigner les blessures saignantes et réduire l’enflure.

Des recherches confirment que l’écorce des tiges de l’aulne rouge (Alnus rubra) contient deux composés (bétuline et lupéol) qui peuvent supprimer l’activité tumorale.

Les Indiens Pieds noirs utilisaient une infusion de l’écorce pour traiter la tuberculose et les désordres lymphatiques.

L’écorce fraîche peut causer des vomissements; il est donc préférable de l’utiliser pour autre chose.

La poudre de l’écorce peut être utilisée comme astringent interne et tonique et contre les hémorragies.

On utilise l’écorce séchée des jeunes tiges ou l’écorce interne de branches de 2-3 ans.

Faire bouillir l’écorce interne dans le vinaigre de cidre de pommes pour traiter les poux et autres problèmes de peau comme la gale.

Bouleau
(Betula spp.) Les bouleaux font partie de la famille des Bétulacées.
Il existe plusieurs espèces de bouleaux, entre autres :

Bouleau jaune (Betula alleghaniensis)
Il est originaire de l’Est de l’Amérique du Nord. C’est un arbre au tronc droit long couleur miel ou brun clair, à branches fortes à faible défilement. Ce bouleau à croissance lente (4,5 m en 20 ans) atteint 19 à 25 m, parfois 30 m de hauteur. Les rameaux et l’écorce ont une odeur aromatique. Le bouleau jaune est l’arbre-emblème officiel du Québec (Canada).

Bouleau flexible (Betula lenta)
Il est originaire de l’Est de l’Amérique du Nord. C’est un arbre à écorce brun foncé pouvant atteindre 25 m. Comme le précédent, les rameaux et l’écorce ont une odeur aromatique.

Bouleau noir (Betula nigra)
Originaire de l’Est des États-Unis, c’est une espèce décorative par son écorce brun foncé, rugueuse, qui s’exfolie en lamelles papyracées. Ce bouleau à cime ovoïde, souvent à plusieurs troncs, peut s’élever jusqu’à 30 m.

Bouleau à papier (Betula papyrifera)
On le retrouve presque partout en Amérique du Nord. Il a un tronc sinueux et la cime ovale et étroite. L’écorce blanche, souvent à plages rosées, se détache en larges bandes, d’où son nom. À croissance rapide, ce bouleau peut atteindre 30, voire 40 m.
Le bouleau a une présence importante dans bien des lieux et bien des coutumes.

Utilisations de l’écorce de bouleau
En Europe du Nord (Scandinavie, Pays Baltes, Sibérie), l’écorce de bouleau, tressée en lanières, était utilisée à la campagne pour fabriquer des chaussures appelées lapti, en Russie.

En Russie, elle a également servi de support d’écriture.

Le bouleau brûle vite sans que sa flamme ne soit trop chaude, et il laisse très peu de cendres. Il était apprécié des boulangers. C’était le bois de boulange.

En Europe du Sud, où leur croissance est rapide, le bois des bouleaux pubescents et verruqueux est considéré comme de peu de valeur. Dans les pays du Nord, où il croît plus lentement, on en tire un bois de belle qualité, d’aspect très blanc, doux et soyeux, qui se travaille et s’imprègne facilement. Ses propriétés mécaniques sont excellentes, et son grain est fin et uniforme.

Le bois du bouleau jaune est utilisé en menuiserie et en ébénisterie sous le nom de merisier, celui du bouleau flexible sous le nom de merisier rouge. C’est un bois dur, un bois franc, dont on fait des boiseries, des meubles et des planchers.

En Alaska, à partir de la sève du bouleau, sont produits de la bière, du vin, de l’eau-de-vie, du vinaigre et du sirop de bouleau (un sirop édulcorant similaire au sirop d’érable).

Pour les Amérindiens, le bouleau était très important. Ils s’en servaient pour se faire des canots, donc pour se déplacer, pour se chauffer, pour fabriquer des contenants de toutes sortes et, bien sûr, comme médicament.

Les Chippewas utilisaient surtout la sève pour se purifier, se nettoyer, et médicinalement comme dépuratif de la lymphe, du sang et des reins.

Les Montagnais utilisaient l’écorce pour soigner les maladies de peau.

La sève est utilisée au début du printemps, un peu après celle de l’érable.

L’écorce est récoltée en hiver.
L’écorce contient de l’huile essentielle riche en salicylate de méthyle (analgésique et aspirine naturelle), en goudron, en résine, en tanins et en minéraux (calcium, phosphore, potassium, sodium).

L’écorce externe peut servir de bandage hémostatique. En bandeau autour de la tête, elle est efficace contre les migraines.

On peut faire des cures de décoction d’écorce interne ou d’aubier pour soigner les maladies chroniques de la peau.

Le goudron, ou concentré de l’écorce, chauffé à haute température sert en dermatologie contre certains parasites et aussi contre les pellicules et la calvitie

L’huile essentielle de bouleau est souvent vendue pour celle du thé des bois dont elle partage les propriétés et qui contient une concentration semblable de salicylate de méthyle.

Elle est réservée à l’usage externe comme analgésique en concentration de 10 % dans une huile végétale (10 ml d’huile essentielle par 100 ml d’huile végétale).

À la surface de son écorce, le bouleau produit un champignon en forme de coquille riche en phosphore, donc brillant dans la nuit.

Les bourgeons sont employés pour les maladies des voies respiratoires et urinaires.

L’écorce est utilisée pour les maladies des voies urinaires et du foie, les dermatoses, les fièvres intermittentes, les digestions difficiles.

Chêne
(Quercus spp.) Les chênes font partie de la famille des Fagacées.
L’écorce de chêne, en général, est utilisée comme rince-bouche et gargarisme.
Elle peut être utilisée en usage externe, pour soigner les angines, les stomatites et les pharyngites, sous forme de gargarisme (15 g par litre).

Il sert aussi à soigner les ulcères atones, les engelures, les dermatoses, la transpiration excessive des pieds, les fistules anales et les hémorroïdes, sous forme de pansements, de bains de pied ou de siège.

Pour cela, faire une décoction d’écorce moulue, utilisée chaude en bain de pieds pendant 20 à 30 minutes. Pour soigner les métrites, les leucorrhées ou les blennorragies, utiliser l’écorce, à raison de deux poignées par litre. Faire bouillir pendant 10 minutes, et utiliser en douches vaginales froides (tièdes).

Pour soigner la faiblesse générale, le lymphatisme et le rachitisme, utiliser une décoction d’écorce dans un grand bain.

Il existe différentes espèces de chênes, dont :
Chêne blanc (Quercus alba)
C’est un arbre imposant pouvant atteindre 30 m de hauteur. Son écorce est grisâtre. Son bois est brun pâle, dur, lourd et à grain serré.

On utilise l’écorce externe et l’aubier, l’écorce interne. L’écorce externe et l’aubier se récoltent sur un arbre âgé d’au moins 7 ans.

L’écorce de chêne blanc contient de l’acide gallique, des tanins, des minéraux (calcium, fer, potassium).

Elle peut être utilisée par voie interne ou externe.

L’écorce interne est astringente.

Elle est utilisée contre les empoisonnements au cuivre, au plomb ou au mercure, pour les diarrhées sanguinolentes.

L’écorce de chêne blanc a été utilisée de façon externe en médecine traditionnelle pour traiter les coupures mineures, les hémorroïdes, les boutons de fièvre et les stomatites aphteuses.

En compresses contre les infections anales ou vaginales, les leucorrhées, les hémorroïdes.

En poudre, on l’utilise pour arrêter le saignement du nez, pour stopper les hémorragies.

On dit aussi que les Amérindiens l’employaient en cas d’inflammation des glandes telles la prostate et la thyroïde (goitre), de congestion des sinus, d’écoulement nasal, d’inflammation de la gorge (amygdales), ainsi qu’en cas de fistules et de relâchement anal.

Par voie interne, elle sert comme astringent dans le traitement de la diarrhée.

Mise en garde et précautions :
Elle n’est pas conseillée aux personnes sujettes à la constipation et aux inflammations rénales.

Il vaut mieux éviter l’usage prolongé.

Il faut éviter de faire des décoctions d’écorce de chêne dans une casserole en fonte, car le fer rend les tanins toxiques pour les reins.
Chêne rouge (Quercus rubra)
Le chêne rouge est un arbre caduc monoïque à croissance rapide d’une hauteur moyenne de 20 à 30 m, et dont les meilleurs sujets peuvent atteindre 50 m.

Le tronc est lisse et gris argenté jusqu’à un âge avancé, et ses rameaux sont d’un brun rougeâtre.

Le bois, lourd, à grain serré (moins que les chênes européens, cependant), de couleur brun rougeâtre, est utilisé pour les charpentes, la tonnellerie, ainsi qu’en menuiserie et en ébénisterie. Il n’est cependant pas imperméable et ne peut être utilisé que pour la tonnellerie de denrées sèches. L’écorce a longtemps servi au tannage des cuirs.

Il est déconseillé de le planter près des habitations car ses racines très puissantes peuvent soulever des revêtements assez épais. Il est toutefois assez utilisé comme arbre d’alignement.

L’écorce est utilisée, principalement par voie externe, et de la même façon que le chêne blanc.

Chêne à gros fruits (Quercus macrocarpa)
Son écorce contient une bonne quantité d’acide tannique.

L’écorce interne est récoltée, grattée et séchée. Elle est par la suite broyée.

Elle possède les mêmes propriétés que le chêne blanc.

Genévrier commun
(Juniperus virginiana – Juniperus communis) Le genévrier fait partie de la famille des Cupressacées.
Le genévrier pousse à l’état sauvage, au Québec. Les feuilles persistantes sont des aiguilles, ou plutôt des écailles vert bleuâtre devenant brun jaunâtre en hiver. Ses branches portent des écailles et sont brun rougeâtre à brun grisâtre, fibreuses, se divisant en lambeaux. Sa taille et sa forme sont variables selon le milieu, généralement de 10 m de hauteur mais pouvant atteindre 25 m de hauteur. Les cônes sont mâles et femelles. Ils ne sont pas sur le même plant (Le genévrier est dioïque : il y a des plants mâles et des plants femelles).

On utilise le bois ou les tiges ébranchées, les feuilles aiguilles épineuses et les baies mûres. Les fruits, les baies, mettent jusqu’à trois ans à maturer sur un plant femelle. Donc la récolte de baies sur un plant se fait une année sur trois.

Les aiguilles contiennent de la vitamine C et une huile essentielle.

Les fruits contiennent des sucres (environ 30 %), des vitamines A, B, C et F, des minéraux (très riche en chrome, calcium, cobalt, fer, magnésium, silice, zinc), une huile essentielle (0,5 à 2 %, surtout des monoterpènes comme pinène, myrcène, sabinène avec du limonène, cymène, perpinène, thujène et camphène, qui ressemble à la térébenthine et à l’huile de théier), environ 10 % de résine, de la cire, une gomme, des flavonoïdes, des tanins, des glycosides, un principe amer, des acides et des protéines.

Ils contiennent aussi de la podophyllotoxine, un agent anti-tumoral et un principe amer, le junipérine.

Le genévrier contient un composé, le déoxypodophyllotoxine, qui est antiviral et qui semble inhiber différents virus comme celui de la grippe et de l’herpès.

Utilisations du genévrier
Une fois les branches, les feuilles et les baies séchées, on les brûle sur un feu de bois ou sur un charbon végétal pour l’encens. On s’en sert alors pour désinfecter une pièce des microbes de maladies contagieuses.

Les Amérindiens appliquaient des tiges de genévrier et des fruits chauds sur les endroits douloureux.

Ils utilisaient les fruits encore verts parce que leurs propriétés étaient plus fortes.

Ils les utilisaient, et c’est encore l’usage, pour les problèmes urinaires, les infections urinaires, pour éliminer les déchets acides, donc pour les problèmes d’arthrite et de goutte.

Les fruits stimulent la digestion, car ils sont réchauffants. Ils aident à réduire les coliques et la flatulence.

Stimulants utérins, ils encouragent les contractions durant le travail de l’accouchement.

Comme antiseptique et diurétique, pour les reins et la vessie, on peut faire bouillir les branches et laisser macérer toute une nuit (5 ml d’aiguilles dans 250 ml d’eau).

Cette recette est aussi utile pour arrêter les crises d’arthrite et de goutte.

On peut aussi mâcher les baies, en commençant par 4 baies par jour jusqu’à un maximum de 30, en plusieurs prises : pour soigner les infections rénales, nettoyer les reins, soulager les rhumatismes et les problèmes d’estomac, fortifier l’estomac, purifier l’haleine.

Le concentré liquide dans le gin ou le vinaigre de cidre de pommes est excellent contre la grippe, la rétention d’eau et les rhumatismes.

Le genévrier est en outre un bon tonique pour les enfants fragiles, sujets au mal de gorge et au rhume, en plus d’être un expectorant doux. Avec les baies, on fait traditionnellement un sirop qu’on peut leur administrer matin et soir.

Bon stomachique, il facilite la digestion des mets lourds, notamment les plats gras, le chou et les haricots.

On l’a également pris pour combattre le diabète, et des études plus récentes semblent confirmer cette indication puisqu’on a observé qu’il abaissait les taux du glucose sanguin.

Une action antiplaquettaire et vasorelaxante a en outre été observée à la suite de l’administration d’un des composés de l’huile essentielle d’une variété de genévrier.

On prend les baies en infusion à raison de 20 g à 30 g par litre d’eau. Infuser dix minutes. Prendre trois tasses par jour.

On peut aussi les moudre et les absorber avec de l’eau, à raison de cinq à dix baies par jour.

On peut prendre un bain pour soulager les rhumatismes. Il suffit de jeter une bonne poignée de baies moulues dans l’eau chaude du bain.

Les baies au goût résineux et suave entrent dans la composition de recettes traditionnelles comme le civet de lapin ou la choucroute. Elles aident à mieux digérer les protéines.

Les jeunes pousses tendres peuvent être ajoutées aux salades. Quant aux jeunes pousses séchées, elles constituent un excellent thé. Ce sont cependant les baies que l’on consomme généralement. Comme elles ont pour effet d’atténuer les saveurs fortes du gibier à poil ou à plumes, elles accompagnent depuis longtemps ces aliments. Avant de rôtir la viande, on la fait bouillir dans un bouillon auquel on a ajouté des feuilles de laurier, du citron et quatre à six baies de genévrier.

Par ailleurs, pour rafraîchir l’haleine, il n’y a rien de mieux que de croquer une ou deux baies fraîchement cueillies. Leur saveur prononcée de conifère étonne tout d’abord, mais on s’y fait très rapidement.

En Europe, on fabrique une bière que l’on prépare en faisant germer de l’orge, que l’on fait ensuite sécher au four et que l’on met à fermenter pendant une semaine avec des baies de genièvre.

Les Amérindiens en faisaient également une boisson alcoolisée, sans apport d’orge toutefois.

En outre, elles ont servi et servent encore à aromatiser divers alcools, le gin notamment, qui tire son nom de la plante, et le schiedam, une eau-de-vie que l’on consomme aux Pays-Bas, en Belgique et dans le nord de la France.

Traditionnellement, on prépare la choucroute avec les baies de genièvre, car elles étaient censées en faciliter la digestion.

Mise en garde et précautions
Il faut toutefois éviter de prendre du genévrier durant la grossesse, car c’est un stimulant utérin.

Par contre, comme on l’a dit plus haut, il facilite l’accouchement. On pourra donc le prendre sans crainte durant le travail.

Quelle que soit l’indication, on recommande généralement de se limiter à des cures de tout au plus 4 à 6 semaines, la plante étant, à long terme, un irritant rénal.

Il vaut mieux éviter le genévrier en cas d’infection urinaire aiguë.

Pruche du Canada ou de l’Est
(Tsuga canadensis) La pruche fait partie de la famille des Pinacées
Elle est originaire d’Amérique du Nord et d’Asie, où elle croît dans des endroits frais, souvent rocheux, comme par exemple les gorges humides.

L’arbre peut mesurer jusqu’à 20-60 mètres de haut, avec une forme pyramidale large et irrégulière.

Ses branches sont horizontales ou montantes de biais, toujours déposées irrégulièrement. Les pousses sont brunes claires et velues, avec des épines de 5 à 15 mm de long, molles, plates et émoussées. Elles sont nettement sciées au bord, allant en se rétrécissant peu à peu de la base à la pointe. Les cônes mesurent 2-7 centimètres de long, sont de forme ovale et sont disposés sur une courte tige. Ses écailles sont rondes et entières.

Des quatre espèces de pruche retrouvées en Amérique du Nord, seule la pruche du Canada est indigène dans l’Est du pays. Au Québec, elle est l’espèce de conifère la moins tolérante au froid. Elle aime bien l’ombre et préfère les milieux frais et humides.

Son écorce, très riche en tanins, était utilisée pour le tannage des peaux.

Les Amérindiens utilisent les aiguilles pour traiter les problèmes pulmonaires, urinaires et intestinaux, les rhumatismes et les névralgies ainsi que pour soigner les polypes et les verrues.

L’écorce interne sert en infusion à traiter les refroidissements, la fièvre, la toux et la diarrhée.

La décoction est quant à elle appliquée en usage externe pour traiter les problèmes de peau.

Les tanins de l’écorce de la pruche étaient utilisés pour guérir les brûlures.

Son écorce a un pouvoir astringent très puissant.

Elle est utilisée en gargarisme. Sur la peau, en compresses pour les irritations.

Son goudron est légèrement rubéfiant. Une huile de pruche peut être utilisée en friction.

La pruche est antiprurigineuse (servant à traiter le prurit, les démangeaisons), astringente, sudorifique, diurétique, styptique (qui contracte les tissus ou les vaisseaux sanguins).

Une décoction de l’écorce est utilisée pour traiter la diarrhée, le muguet, les colites, les diverticuloses et les cystites.

Par voie externe, on l’utilise en cataplasme ou en compresse pour nettoyer et resserrer les blessures sanglantes. Aussi, comme douche vaginale dans le cas de décharge vaginale excessive, et pour la descente de l’utérus.

Comme rince-bouche et gargarisme pour les gingivites et les maux de gorge.

Des cataplasmes aux aisselles contre les démangeaisons, et aussi pour d’autres maladies de peau comme l’eczéma.

Comme l’écorce interne est sudorifique et astringente, on utilise l’infusion pour traiter les rhumes et les douleurs abdominales.

L’huile essentielle faite à partir des tiges et des aiguilles est antimicrobienne, antiseptique, antitussive, astringente, sudorifique, diurétique, expectorante, nervine, rubéfiante et tonique.

On l’utilise pour stimuler la circulation pour les douleurs musculaires, une mauvaise circulation, le rhumatisme, l’asthme, la bronchite, les faiblesses respiratoires, le rhume, la grippe, l’anxiété, le manque d’enracinement.

Sapin baumier
(Abies balsamea) Le sapin fait partie de la famille des Pinacées.
Il est originaire d’Amérique du Nord. Il atteint 15 à 20 mètres de hauteur et le tronc a plus de 60 centimètres de diamètre. Cet arbre de forme globalement pyramidale peut atteindre une vingtaine de mètres de hauteur et a une durée de vie de 70 à 150 ans, s’il ne se fait pas couper avant.

Les cônes de 5 à 10 centimètres se dressent verticalement sur les rameaux. Ils mûrissent en automne et perdent leurs écailles; seul le rachis persiste jusqu’à l’été suivant.

Les aiguilles sont plates, non piquantes, odorantes, avec deux raies blanches en dessous. Les rameaux à l’ombre portent leurs aiguilles sur deux rangées horizontales, alors que ceux exposés au soleil en ont sur tout le tour de la tige.

L’écorce des jeunes sujets est lisse, d’une couleur tirant sur le gris, et on peut voir des gonflements. Elle porte des vésicules contenant de la résine, dont on tire la gomme de sapin ou baume du Canada.

Constituants
La résine contient des acides terpéniques et des principes amers, et une huile essentielle.

L’écorce contient des minéraux, des tanins et de la résine.

Utilisations
C’est l’arbre de Noël qui embaume nos maisons avec tant de plaisir !

C’est un arbre très médicinal.

On utilise les branches entières, les écorces externe et interne, la gomme ou résine. Les jeunes pousses sont utilisées, mais au printemps.

La résine ou gomme de sapin

La gomme ou résine de sapin est très utilisée. On peut l’utiliser par voie interne ou externe.

La gomme se recueille avec un picoué ou gommeur et se retrouve dans de nombreuses forêts du Québec, et elle est commercialisée dans les magasins de produits naturels, pure, en gélules, en sirop, bonbons, onguents, etc …

Elle aide, comme l’huile essentielle d’ailleurs, à supprimer l’envie de fumer et nettoie les poumons, désinfecte les plaies et supprime les verrues.

Elle est laxative et vermifuge, calme les nerfs et fortifie les glandes surrénales, désodorise l’air et la sueur, aide à protéger les poumons contre la pollution, et favorise le sommeil.

« La gomme de sapin est l’un des articles essentiels de la médecine populaire des Canadiens français qui l’emploient, avec raison d’ailleurs, comme antiscorbutique, comme antiseptique dans les blessures et en cataplasmes sur les brûlures », écrivait le Frère Marie-Victorin dans sa Flore Laurentienne.

De cette gomme, on a tiré diverses préparations, notamment une térébenthine (attention, il ne s’agit pas de la térébenthine des quincailliers !), une huile de térébenthine et un goudron médicinaux, préparations ayant une activité assez semblable, mais dont la densité et la viscosité variaient, ce qui permettait d’élargir le champ d’intervention.

On peut l’utiliser pure, par voie externe, sur un abcès, une plaie ouverte, ou une verrue.

Évidemment, il faut la recouvrir d’un pansement pour éviter qu’elle ne colle aux vêtements. Il faut la renouveler au moins 2 fois par 24 heures.

Elle soulage le mal de dents, en cas d’abcès de la racine.

En huile médicinale (20 % de résine liquide et 80 % d’huile végétale), elle calme les douleurs articulaires et musculaires, et elle soigne aussi les infections bactériennes de la peau et les hémorroïdes.

Quand elle est diluée dans l’huile, elle ne colle pas. D’ailleurs, on utilise de l’huile végétale pour se nettoyer de la gomme de sapin.

Par voie externe, on l’a employée en onguent ou en emplâtre, sur les coupures, les ulcères tardant à guérir, les parties affectées de rhumatisme et les douleurs de reins.

Les femmes de la campagne s’en servaient en emplâtre contre les douleurs menstruelles ou toute autre douleur liée au système de reproduction féminin.

On l’employait pour soigner l’inflammation du sein, le rhumatisme articulaire aigu, les fissures et les gerçures du mamelon, des lèvres ou des mains, les engelures, les excoriations, les ulcères des jambes, l’impétigo facial, les croûtes de lait chez les enfants. On peut l’utiliser sur les brûlures au premier degré, les plaies, quelques gouttes, car elle est antibactérienne et cicatrisante.

Pour dégager les bronches, versez un peu de gomme de sapin dans une tasse d’eau bouillante, et humez-en la vapeur. La gomme de sapin est pectorale et expectorante.

Par voie interne, on peut prendre de la gomme de sapin, par voie interne, sous forme de capsules, c’est plus facile, pour faciliter le sevrage du tabac, mais surtout pour aider à éliminer le goudron des poumons et pour la toux du fumeur.

Aussi, contre la constipation et pour faciliter le sommeil. On l’utilise pour les convulsions, des problèmes du système nerveux.

Elle est utile et efficace dans des états grippaux ou de rhume.

Comme posologie, on peut prendre une capsule, trois fois par jour, soit avant un repas et le soir au coucher.

Au début, il vaut mieux la prendre après les repas car elle peut être indigeste. Si on a de la difficulté à la digérer (si elle nous donne des rots), on la prend en mangeant ou à la fin d’un repas. Après deux semaines, la digestion se fait plus facilement et on peut la prendre avant le repas ou le soir avant le coucher… Cela dépend des personnes et de leur digestion !

Considérée comme un excitant, un diurétique et, à doses élevées, un purgatif, la gomme a été employée pour détruire les ascarides et pour combattre les coliques et la constipation opiniâtre.

Pour le traitement des affections des voies urinaires ainsi que de l’inflammation de la vessie, on se servait également de la gomme.

Chez les Amérindiens, la femme médecine en déposait sur une pierre chaude jusqu’à ce qu’elle fonde. La fumée était alors inhalée.

L’écorce interne
L’écorce interne soigne les infections urinaires et les inflammations gastro-intestinales.

On fait bouillir pendant 5 min, 5 g d’écorce dans 250 ml d’eau. Laisser reposer 20 min. Filtrer et boire 3 tasses par jour avant les repas.

Respirer les arômes du sapin

Respirer les arômes du sapin vivifie les poumons et le sang. La marche dans les forêts de sapins, en décembre, est un remède pour le corps, mais aussi pour l’esprit.

Saule
(Salix spp.) Le saule fait partie de la famille des Salicacées.
Il existe plusieurs espèces de saules, qui sont parfois difficiles à différencier les unes des autres.

Elles ont à peu près les mêmes propriétés médicinales.

Les saules aiment les milieux humides et on les retrouve sur le bord des étangs, des rivières et des marécages, dans des lieux détrempés.

L’écorce de saule contient de la salicine, qui fut reconnue comme étant la substance active principale de la plante. On découvrit alors que l’organisme transformait la salicine en acide salicylique, qui a des propriétés analgésiques et fébrifuges. Elle contient aussi des flavonoïdes qui sont anti-inflammatoires. Elle contient aussi des tanins, des minéraux (calcium, potassium), de la vitamine C, de la coumarine et de l’œstradiol.

L’acide acétylsalicylique (comme dans le médicament Aspirine) agit plus rapidement que l’écorce de saule, mais son effet est moins prolongé et il cause des effets indésirables (irritation de la muqueuse de l’estomac et inhibition de la coagulation) que la plante ne provoque pas.

L’écorce interne est utilisée. Elle est analgésique, antidouleur, et aussi anti-inflammatoire, antiacide, astringente, diurétique, fébrifuge et antiseptique.

On peut se faire des décoctions ou un concentré liquide.

On l’utilise pour calmer les douleurs, les maux de tête, les inflammations, pour l’arthrite rhumatoïde, les douleurs, pour les inflammations dans le cas de maladies auto-immunes.

L’écorce fraîche est très amère et astringente.

Sureau blanc
(Sambucus canadensis) Le sureau blanc fait partie de la famille des Caprifoliacées.
Le sureau blanc est un arbuste indigène qui pousse dans les sols humides des marécages et des rivages de l’est du Canada.

On faisait un thé à partir de l’écorce interne et l’écorce de la racine comme diurétique, vomitif et laxatif puissant. L’écorce de la racine était utilisée pour faciliter le travail de l’accouchement et aussi pour traiter les maux de tête, les problèmes de reins et le catarrhe.

Par voie externe, on peut l’appliquer en compresses pour les coupures, les membres douloureux et enflés et, en général, pour soulager la douleur et l’enflure.

Mise en garde et précautions
Les feuilles, les fruits non mûrs et les tiges, l’intérieur (la moelle ou aubier) des tiges, sont toxiques.

Ces parties contiennent des glycosides cyanogénétiques et une substance cathartique. Des enfants se sont empoisonnés en se servant des tiges creuses comme sifflets.

Séchée, puis bouillie, l’écorce n’a pas ce côté toxique, mais il ne faut pas l’utiliser sur une période de temps prolongée. Il faut faire cuire les fruits bien mûrs pour qu’ils perdent toute forme de toxicité.

Conclusion
Le sujet est si vaste que, bien évidemment, il y faudra une suite.

Et si vous avez les pieds sur le bord du poêle à bois, vous pourrez tout de même penser aux bienfaits de quelques-uns de ces arbres. Et vous pourrez être reconnaissants de vous chauffer grâce à eux.

À plus tard pour une suite, en début de la nouvelle année !

Joyeux temps des fêtes à toutes et tous !

Bibliographie – références
Herbalpedia, 2005
SCHNEIDER, Anny, « Plantes sauvages médicinales », Éditions de l’Homme, 1999, Montréal, P. Québec, Canada, 302 p., 2-7619-1474-0
HOSIE, R.C., « Arbres indigènes du Canada », Service canadien des Forêts, Ministère de l’environnement du Canada, Traduit de l’anglais « Native Trees of Canada », 7e édition, 1972, Ottawa, Canada, 383 p.
DENSMORE, Frances, « Indian Use of Wild Plants for Crafts, Food Medicine and Charms », Éditions Iroqrafts Ltd, 1993, Ohsweken, Ontario, Canada, 397 p., 0-919645-16-X
LANTHIER, Dr Aldéi, n.d., « Les plantes médicinales Nord-américaines », Les Éditions de Mon Pays, 1983, Montréal, P. Québec, Canada, 171 p.
HARDING, Arthur Richard, « Ginseng and Other Medicinal Plants », Éditeur A.R. Harding, 1972, Columbus, Ohio, U.S.A., 368 P., 0-936622-09-1
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bouleau
http://www.herbespures.com/produits/simples/0035.htm
http://www.paganguild.org/aubeseptiemelune/grimoire-des-plantes/plantes-c/chene.htm
http://www.passeportsante.net/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sapin_baumier
http://www.bitterrootrestoration.com/medicinal-plants/alnus-incana-rugosa.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tsuga

 

Article tiré de Herbovie, 2009

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