Un grain de sel !

Un grain de sel

Qui n’aime pas le sel ? Et je ne parle pas d’aliments trop salés ou d’excès de sel. Mais simplement de ce goût « primordial », qui nous vient de la mer…

L’eau de mer est une véritable soupe de vie. C’est dans ce milieu que s’est développée la Vie, rien de moins. Lorsque des espèces animales émergèrent de l’eau pour vivre sur terre, elles prirent soin d’apporter au sein de leur organisme un peu de cette soupe. Effectivement, la base de nos fluides corporels a une composition très similaire à l’eau de mer, notamment le liquide amniotique, la lymphe, le plasma sanguin et le liquide extracellulaire.

Le goût salé est intimement relié à cette notion de « primordial », là où tout a commencé. Un plat sans sel peut paraître sans vie. Quand on en met trop, c’est lourd et trop intense. Mais quand il y en a juste ce qu’il faut, alors le goût et les saveurs s’éveillent, entraînant avec eux l’esprit !

C’est le goût minéral par excellence. Ce sont les minéraux qui confèrent ce goût aux plantes et aliments. On pense tout de suite au sel, qui est l’archétype de ce goût, mais on le retrouve aussi ailleurs.

Le sel

Il est composé principalement de chlorure de sodium (NaCl) et, selon la provenance du sel que l’on utilise, il contiendra des traces d’autres minéraux et oligo-éléments.

Un grain de sel Différentes sortes de sel

Il y a le sel de mer qui vient de l’évaporation de l’eau de mer. Il contient environ 84 % de sodium et 16 % d’autres minéraux. Il y a aussi le sel gemme (de roche). C’est le sel qui est extrait du sous-sol qui provient des anciennes mers asséchées. On peut en trouver dans tous les coins de la planète, du sel rose de l’Himalaya jusqu’au gros sel canadien.

Bien évidemment, il y a le sel de table qui est un sel industriel, ne contenant que du NaCl auquel on a ajouté des additifs et de l’iode.

*** Ainsi, le propos de cet article exclut ce type de sel, de même que tous les aliments industriels bourrés de sel ajouté.

Salé sans sel

Le goût salé ne se retrouve pas uniquement dans le sel. La présence des minéraux dans divers aliments et plantes donne un goût de même nature, parfois on peut vraiment goûter le sodium dans l’aliment, parfois c’est plus subtil, mais ça n’en demeure pas moins un goût minéral similaire. On peut penser à des légumes comme le céleri ou des plantes comme la prêle et l’ortie.

Énergétique et actions du goût salé

Quelles répercussions a ce goût dans l’organisme ? Le salé agit un peu comme un adjuvant, c’est-à-dire qu’il amplifie les autres saveurs et amène du mouvement (circulation sanguine et lymphatique) jusqu’au centre et dans les racines de l’organisme. Le salé amène de l’hydratation, adoucit, détoxifie, assouplit les muscles et diverses glandes. Il aide même à dissoudre des adhérences. Il participe à la régulation de l’équilibre des liquides, active les fonctions digestives et améliore la concentration.

On sait que le sodium est d’une importance capitale pour la bonne conduction des influx nerveux, de même que pour la reproduction cellulaire. On peut aussi être certain qu’un aliment dont le goût est salé est riche en minéraux et comme dans la nature les minéraux ne viennent jamais seuls, on sait qu’un aliment salé fournit une variété de minéraux et d’électrolytes. Les aliments et plantes riches en minéraux fortifient les os, dents et cheveux. On peut penser à des plantes salées comme l’ortie, la prêle et l’avoine, qu’on utilise, entre autres, pour les systèmes musculo-squelettique et tégumentaire.

Le salé a aussi une influence sur le rein, qu’il fortifie. Ainsi, la fonction rénale s’améliore et permet une meilleure rétention ou élimination des liquides, selon le besoin. On ajoute notamment du sel dans les solutions de réhydratation.

prêle plante saléPlantes médicinales salées

Voici plusieurs plantes médicinales riches en minéraux et de nature salée. Vous verrez que plusieurs sont utilisées pour les systèmes mentionnés précédemment : ortie, prêle, trèfle rouge, avoine, algues, gaillet, luzerne, bardane, violette, stellaire.

Question de quantité

Les minéraux sont formidables et surtout, indispensables. Le sel est extraordinaire, mais, dans les bonnes proportions. Un excès de sel aura des effets contraires.

Est-ce que le sel cause l’hypertension ?

En fait, il semblerait que toute cette idée ne repose que sur une seule étude, réalisée en 1997, la Dash-sodium study. Dans cette étude, une alimentation composée principalement de fruits et légumes frais, de protéines maigres, de grains entiers et de produits laitiers faibles en gras était recommandée. Les résultats observés démontraient qu’une telle diète abaissait effectivement la tension artérielle. Toutefois, ce qu’on a oublié d’inclure dans les calculs, c’est que cette diète était également très faible en sucre et en fructose. Et l’on connaît aujourd’hui l’impact de ces deux éléments sur la santé. Depuis, de nombreuses études ont obtenu des résultats indiquant qu’une diète faible en sodium n’avait pas d’effet significatif sur la réduction de l’hypertension et du risque d’autres maladies cardiovasculaires.

Une question d’équilibre : sodium / potassium

Les effets négatifs d’un excès de sodium sont davantage reliés au déséquilibre du ratio sodium-potassium. Le ratio idéal entre ces deux minéraux est de trois fois plus de potassium, ou trois parties de potassium pour une partie de sodium. Si l’on consomme plus de sodium, le ratio change et il manque de potassium. Ce déséquilibre peut entraîner des situations telles que : rétention d’eau, hypertension artérielle, arythmie, faiblesse musculaire, crampes, soif intense et constipation.

Le simple fait d’augmenter le potassium consommé aide à ramener l’équilibre, même si le sodium ne diminue pas. Ainsi, une des meilleures stratégies pour amoindrir ces impacts est d’augmenter l’apport en potassium, plutôt que de seulement miser sur la réduction stricte du sodium. On réalise que le sodium n’est pas un « méchant », mais qu’il doit être en équilibre avec les autres composés avec lesquels il collabore.

un grain de sel Les plantes, équilibrées de nature !

Et où trouve-t-on du potassium en bonne quantité ? Dans les légumes feuillus verts ! Nos plantes vertes sont encore une fois championnes. Ainsi, l’usage de ces plantes aliments au quotidien nous permet de bénéficier de toutes les actions du goût salé sans vivre les conséquences d’un excès de sodium. Ceci dit, si notre consommation de verdure (ou de potassium) est abondante, il ne faut pas se priver d’ajouter une pincée de sel naturel dans les mets que l’on prépare. Pour célébrer l’élément minéral et garder ce précieux lien avec les origines de la Vie.

En terminant, je vous laisse avec une petite recette qui met en valeur le goût salé.

Bouillon d’ortie, d’algues et de miso
Grande ortie (Urtica dioica)
Grande ortie (Urtica dioica)
  • 60 ml de feuilles de grande ortie séchée
  • 15-20 ml d’algues au choix (en poudre ou en petits morceaux)
  • 1 litre d’eau
  • 60 ml de miso

Mettre l’eau, l’ortie et les algues dans un chaudron et amener juste sous le point d’ébullition. Réduire le feu et laisser tout doucement mijoter les herbes pour 15-20 minutes, à couvert. Retirer du feu. Servir et ajouter 15 ml de miso par 250 ml du bouillon. (On ajoute le miso à la toute fin pour éviter de l’exposer trop longtemps à la chaleur et pouvoir conserver ses propriétés vivantes).

Article tiré du Journal Terre de vie, Hiver 2015

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