L’érable et le bouleau

l'érable et le bouleau

Avec le printemps qui arrive, la sève qui circule plus activement dans les arbres, les bourgeons qui se montrent le bout du nez, j’ai le goût de vous faire découvrir deux arbres que j’affectionne particulièrement : l’érable et le bouleau. Le premier est bien connu, car son sirop est prisé en cuisine. Je parle ici de l’érable à sucre. Le deuxième est le bouleau à papier, pour lequel on fait également depuis peu la commercialisation de sirop. Mais saviez-vous que l’érable et le bouleau peuvent être utilisés d’une multitude de façons et qu’ils ont de plusieurs vertus médicinales?

L’érable à sucre (Acer saccharum)

érable à sucre

On peut utiliser l’érable pour ses propriétés anti-inflammatoires, laxatives, nutritives, reminéralisantes et toniques.

L’utilisation la plus courante est de faire une cure d’eau d’érable printanière. Celle-ci stimule l’appétit et redonne entrain et énergie, en plus d’être très nutritive. Elle nettoie aussi très efficacement les intestins. On commence par prendre un verre par jour en augmentant graduellement jusqu’à un maximum de trois verres. Vous saurez que vous avez atteint le dosage maximum par rapport à votre constitution quand son effet laxatif deviendra présent.

Fait intéressant, on recommande de mâchouiller les bourgeons d’érable en lune montante quand ils deviennent bien « dodus », gorgés de sève et de résine. Ils sont alors utiles pour contrer la diarrhée et les douleurs causées par les coliques. On retrouve donc dans la même plante, en fonction de la partie utilisée deux usages qui sont opposés, soit un effet laxatif et la capacité d’arrêter la diarrhée.

L’eau ou une décoction de jeunes rameaux bien hachés sont utiles pour les problèmes et douleurs articulaires.

L’érable à sucre en cuisine

Il y a de multiples façons de bénéficier de ses bienfaits. On connaît bien le sirop d’érable, mais l’eau d’érable peut aussi être utilisée. Cette eau peut remplacer d’autres liquides dans une infusion, un café ou encore dans une recette où le petit côté sucré est approprié.

Les graines de samares de l’érable sont comestibles. Récoltées vertes au printemps, elles se conservent bien, marinées dans le vinaigre. On peut faire la même chose avec les bourgeons.

Lors de ces printemps où la pelouse se transforme en un tapis de petites pousses d’érables, saviez-vous que vous pouvez les manger? On peut les décortiquer, une fois qu’elles ont germées, et les intégrer par exemple dans une salade.

Les jeunes feuilles encore tendres peuvent être farcies ou encore hachées finement et incorporées dans une salade. Une fois le printemps passé, les feuilles plus matures seront utilisées en infusion comme tonique nourricier et aussi lors de diverses inflammations de la peau. À l’automne, les graines mûres peuvent être grillées.

Le bouleau à papier (Betula papyrifera)

Bouleau à papierDans la culture autochtone comme dans plusieurs pays du monde, le bouleau est un arbre au centre du quotidien par ces multiples usages. Certains l’appelaient l’Arbre de la sagesse. Sa blancheur montre le chemin et les usages que l’on en fait sont multiples, du canot aux divers paniers et contenants, du papier, des cure-dents, etc. sans oublier l’alimentation et les usages médicinaux. On utilise l’écorce, les racines, les rameaux, les feuilles, les bourgeons, la sève ou l’eau de bouleau et, bien sûr, le bois. Tout est utile dans cet arbre très ancien (environ 30 millions d’années) et si important pour plusieurs peuples.

D’un point de vue médicinal

Le bouleau est principalement connu pour son effet diurétique doux. Il nettoie le corps et le sang en douceur. Il est antiseptique et anti-inflammatoire, et aide à soulager les douleurs musculaires et articulaires. En plus d’être cicatrisant, astringent et sudorifique, il aide aussi à moyen terme à dissoudre les dépôts et les pierres. Il est beaucoup utilisé pour traiter les désordres du système urinaire. La sève est en plus très nutritive et tonique.

Les fleurs sont utiles lors d’ulcères ou de plaies qui guérissent mal, car elles sont cicatrisantes, antiseptiques et anti-inflammatoires.

Le charbon de bois de bouleau a beaucoup été utilisé pour des cas d’empoisonnement, de ballonnements et d’indigestions, en fait pour des usages similaires à ceux du charbon activé que l’on retrouve actuellement sur le marché.

Les feuilles et jeunes rameaux sont consommés en infusion en interne et en décoction pour les usages externes. Elles sont utiles pour nettoyer le corps, réduire l’inflammation, la douleur et les divers problèmes de peaux. On utilise les feuilles pour les mêmes raisons dans des huttes de sudations ou saunas. On les met sur les pierres chaudes qui permettent aux propriétés de se diffuser dans l’air. Feuilles et rameaux servent aussi à traiter divers problèmes de peaux (acné, eczéma, teint terne), cheveux fragiles et perte de cheveux. Dans ces cas, on combine une application locale externe et l’utilisation en interne d’une infusion à raison d’une à deux tasses par jour.

Sève du bouleau

L’eau de bouleau peut être utilisée comme lotion tonique pour la peau, elle resserre les pores par son astringence. On consomme aussi l’eau comme cure printanière pour aider l’organisme à se nettoyer. On fait une cure de deux à trois semaines, à raison de 3 à 6 tasses par jour. Selon votre condition et votre besoin, vous pouvez faire une infusion avec l’eau de bouleau. Il est possible d’y ajouter d’autres plantes médicinales pour une cure encore plus efficace. Par exemple, de l’hysope officinale pour un effet tonique du système immunitaire, de la grande ortie pour l’effet hyper reminéralisant, de trèfle rouge ou de pissenlit officinal pour reminéraliser et nettoyer davantage, etc.

Transformations et utilisations pour l’érable et le bouleau

Les présentes indications s’appliquent autant pour l’érable que pour le bouleau.

bourgeons de bouleauOn utilise l’infusion pour les fleurs ou feuilles, à raison de 5 à 10 ml de plante sèche ou 10 à 15 ml de plante fraîche par 250 ml d’eau chaude. Infuser 15 à 20 minutes, filtrer et boire.

Avec les bourgeons ou rameaux finement hachés, on fait une décoction. À raison de 1 g de plante sèche ou 15 ml par 250 ml d’eau, mijoter doucement à feu très doux de15 à 20 minutes, idéalement dans un chaudron avec couvert. Filtrer et boire.

Sèves de l’érable et du bouleau

L’eau est récoltée au printemps, à tous les jours durant quelques semaines. On utilise un chalumeau conçu spécifiquement pour cela. Vous trouverez sur Internet des vidéos qui expliquent comment les poser adéquatement pour ne pas blesser les arbres inutilement. Au printemps, certaines quincailleries en vendent, sinon dans les coops agricoles. Si vous avez trop d’eau, il est possible de la chauffer et de la réduire pour en faire du sirop. Armez-vous de patience, car pour faire un litre de sirop, il faut en moyenne 40 litres d’eau d’érable et plus de 130 à 140 litres d’eau de bouleau! Donc, si vous entaillez un seul arbre de chacun, vous préférerez peut-être comme moi congeler l’eau de bouleau ou d’érable en portions pour y avoir accès à d’autres moments de l’année.

L’érable et le bouleau, des arbres parmis d’autres

Dans les pays nordiques, les arbres sont d’une grande importance dans la pharmacopée. Plusieurs peuvent être utilisés à l’année contrairement aux herbacées qui ne sont pas accessibles dans la nature durant la saison froide. Par exemple, je ne ferais pas de grande réserve de rameaux, car j’y ai accès à l’année. Ainsi, si j’en ai moins besoin une année, il n’y a pas de gaspillage de ressource.

Les arbres sont aussi des plantes de plus grand volume, donc les quelques feuilles ou rameaux que nous cueillons pour nos besoins personnels ou familiaux affectent peu leur croissance si la récolte a bien été effectuée.

En plus d’avoir des utilités médicinales, les arbres sont des poumons pour la planète, ils purifient et rafraîchissent l’air. Il est si bon de s’asseoir dos à un arbre par une chaude journée d’été. Je vous invite, à découvrir les vertus de quelques arbres qui poussent dans votre voisinage. Leurs multiples usages et bienfaits ne manqueront pas de vous surprendre.

Note

Si vous êtes enceinte, avez une maladie grave ou prenez une médication, assurez-vous que les plantes que vous voulez consommer sont recommandées dans votre condition. Notez que les recommandations faites ici s’appliquent aux plantes telles qu’utilisées en herboristerie. Elles ne s’appliquent pas aux huiles essentielles, puisque l’utilisation de ces dernières s’accompagne de beaucoup plus de précautions.

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Johanne Fontaine

C’est en 1993 que Johanne a commencé son apprentissage en herboristerie avec Danièle Laberge et elle est toujours aussi touchée et émerveillée par la beauté, la générosité et l’efficacité des plantes. Elle enseigne depuis la fin des années 1990 et c’est une passion pour elle de faire découvrir l’univers fascinant du monde végétal. Elle a élaboré Les herbes enchantées, des jardins à visiter à Roxton Pond en Estrie où elle avait rassemblé plus d’une centaine de variétés disposées par plates-bandes thématiques. Pendant neuf années, elle a accueilli visiteurs, stagiaires et élèves dans ce lieu bucolique. Depuis 2006, elle travaille à l’Herbothèque où elle participe à la rédaction du matériel de cours et accompagne les étudiants dans leur démarche tout en continuant sa pratique d’herboriste thérapeute accréditée et de coach. Elle s’est impliquée dans les associations d’herboristerie au niveau provincial et fédéral. Elle est également poétesse et harpiste.

Catherine Lalonde

Catherine est convaincue que l’herboristerie est une solution pour l’avenir de la santé communautaire de même que celle de la planète; elle travaille à la promouvoir comme médecine de première ligne afin d’amener le plus de gens possible à découvrir cet art et à se l’approprier. Elle est l’auteure du cahier éducatif pour enfants, Monsieur Plantain. Catherine a enseigné et travaillé à l’Herbothèque de 2008 à 2020. Elle a participé à coécrire plusieurs cours offerts par l’Herbothèque. En 2016, elle a créé son entreprise, Sauvages & Cultivées, qui se spécialise dans la production de plantes séchées et de produits variés. Depuis septembre 2020, elle se consacre au rayonnement de son entreprise.

Anne Vastel

Anne pratique l’herboristerie depuis plus de quinze ans et accompagne des personnes atteintes du cancer du sein depuis les débuts de sa pratique. Elle a fait des formations complémentaires en Colombie-Britannique auprès de Chanchal Cabrera et aux États-Unis auprès de Donald Yance pour approfondir ses connaissances de la maladie et des plantes médicinales. Elle se spécialise aussi dans l’accompagnement des personnes atteintes de la maladie de Lyme. Ces années de pratique lui permettent aujourd’hui de partager ses expériences avec vous afin que vous ayez plus de réponses à vos questions et que vous puissiez faire des choix qui vous conviennent. Anne se passionne aussi pour la médecine chinoise.

 

Natacha Imbeault

Enfant, elle a passé des heures à explorer la nature qui la fascinait. Les plantes et la santé naturelle sont depuis 1988 dans la vie de Natacha. Depuis janvier 2002, elle est copropriétaire et directrice de l’Herbothèque inc. Ses fonctions l’ont amenée à suivre diverses formations en gestion des affaires et en marketing. Natacha s’occupe du développement, de l’approche pédagogique des formations et dirige l’équipe, en plus de participer à la rédaction et à la mise à jour de documents académiques.

Éveilleuse, maitre herboriste, thérapeute multidisciplinaire en médecine naturelle et croissance personnelle, maitre reiki (depuis 1994), elle est entrepreneure, enseignante, chroniqueuse et conférencière. Elle œuvre dans le milieu de la santé naturelle depuis 1991 et depuis 1995 comme herboriste. Elle fait partie du Conseil des Sages de la Guilde des herboristes. Elle a siégé à plusieurs reprises au conseil d’administration, ainsi qu’au comité de l’aile professionnelle de la Guilde des herboristes du Québec. Elle est elle-même Herboriste thérapeute accréditée par l’aile professionnelle de la Guilde.

En plus de ses compétences entrepreneuriales, elle a comme thérapeute une approche holistique et un coffre à outils diversifié : reiki, herboristerie, naturopathie, élixirs floraux, alimentation, approche psychospirituelle, PNL, outils d’interventions TRIMA, formation en rite de passage, médecines énergétiques, médecine traditionnelle et plus encore.

Passionnée par la vie et la santé sous tous ses aspects, c’est pour elle une joie et un privilège d’accompagner l’autre dans son chemin vers la guérison, une plus grande connaissance de lui-même et de la vie qui nous nourrit. Femme médecine, elle porte et transmet la sagesse et les bienfaits de la terre et de la nature.

Son but premier, à travers tous les contacts et les enseignements qu’elle offre, est de transmettre son profond amour et son grand respect pour toutes formes de vie, dans le but d’éveiller en chacun un amour et une passion sans limites pour soi, les autres et la vie.