La prévention, c’est la santé en action

Article-La prévention, c’est la santé en action

Comment intégrer les plantes médicinales et certaines habitudes de vie, en prévention, pour avoir une santé optimale? Il n’y a pas de recette unique, mais certains conseils de base peuvent servir à tous avec des particularités selon chaque individu, ses forces et faiblesses. Dans cet article, j’explorerai différentes pistes pour créer un plan de santé personnalisé pour une vitalité optimale.

Santé de la Terre et santé de l’humain

La prévention, c’est aussi celle qui concerne l’environnement. On ne peut plus nier l’effet du réchauffement climatique. Doit-on attendre d’être malade pour écouter les signes? Doit-on attendre que la situation soit catastrophique pour changer nos comportements nocifs pour la planète, qui est notre maison? Très souvent, ce qui se passe avec l’environnement est aussi ce qui se passe avec notre propre corps.
« Les hommes se sont transformés en l’espèce la plus destructrice du monde et ont oublié la totale interdépendance de tous les êtres vivants. » Hubert Reeves
D’ailleurs, les autochtones de tous les continents savent cela depuis le début des temps. Leur survie dépend de leur environnement et ils ont un grand respect pour tous les êtres vivants. De manière générale, les plantes, l’eau, les animaux, etc. sont sacrés. Il y a des offrandes qui sont faites lorsque l’on prélève quelque chose dans la nature. On remercie l’esprit de l’animal qui s’est offert pour nourrir, fournir des vêtements et plus encore. Leur grande connaissance du milieu, leurs observations et les apprentissages transmis de génération en génération en font des défenseurs de la Terre mère.
Un ami me disait avoir vu récemment que les Autochtones représentent moins de 5 % de la population mondiale, mais qu’ils représentent plus de 80 % de ceux qui se portent à la défense de l’environnement. Car ils ne comprennent pas que l’humain détruise son milieu de vie, sa maison et celle des prochaines générations. Une célèbre citation le dit ainsi : « Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants. »

Quel type êtes-vous dans la perception de votre corps?

Il y a dégénérescence de la santé des humains et de la santé de la Terre. La première chose à faire est de prendre soin de son corps pour être en mesure de prendre soin des autres et de la nature. Certains jouent à la roulette russe avec leur santé. Dans le livre La vie intégrale, on décrit d’ailleurs trois types de perception de notre corps, mais nous ne sommes pas toujours conscients de la perception que l’on a de notre corps. Il y a le type joueur, le type mécanicien et le type jardinier. Voici un extrait de ce livre :

« Le type joueur : pour lui, comme 20 % des gens, la vie est une question de hasard et se joue sur un coup de dés. Il est souvent fumeur, en surcharge de poids et il vit sa vie à vitesse grand V. Si vous lui recommandez de faire un peu plus attention à sa santé, il vous parlera de cet ami mort à 40 ans d’un cancer du poumon, sans jamais avoir fumé. Sa phrase fétiche : “il faut bien mourir de quelque chose.”

Le type mécanicien : comme 50 % des gens, il considère son corps comme une mécanique que la technologie médicale pourra réparer en cas de panne. Si on lui diagnostique un problème de santé modifiable, comme le diabète de type 2, il optera pour la médication plutôt que de changer son mode de vie. Sa phrase fétiche : “le corps est une belle mécanique qui s’use irréversiblement avec le temps.”

Le type jardinier : comme 30 % des gens, surtout des femmes, il croit que la santé se cultive au quotidien. Il est attentif aux signes de son corps et n’hésite pas à modifier ses habitudes au besoin. Il est actif de corps et d’esprit et sent responsable de son bien-être. Sa phrase fétiche : “vieillir est un privilège qui se mérite.” »

Dans quelle catégorie vous retrouvez-vous?

Prévention ou intervention

Des études démontrent que ce sont plus les habitudes de vie que l’hérédité qui causent les maladies. Richard Béliveau, docteur en biochimie et auteur, mentionne une étude faite avec des jumeaux identiques qui démontre que le facteur génétique est responsable du développement du cancer dans seulement 15 % des cas et que ce sont davantage les habitudes de vie qui déterminent le risque de développer un cancer. Donc, le facteur génétique peut créer une prédisposition, mais c’est surtout l’hygiène de vie qui influence la santé.
La prévention comprend plusieurs volets; nous en aborderons quelques-uns ici : alimentation, plantes médicinales, sommeil, exercice, doshas.
Il faut apprendre à s’observer. Sans devenir hypocondriaque, il est bon de voir si certains aliments ou habitudes de vie nous apportent du bien-être ou de l’inconfort et de faire des changements au besoin.
L’espérance de vie s’est bonifiée dans les dernières décennies, mais avec quelle qualité de vie pour ces années en plus? L’espérance de vivre EN SANTÉ n’augmente pas aussi rapidement. De plus en plus de personnes sont malades de nombreuses années à la fin de leur vie.

Alimentation

Le jeûne intermittent pour aider notre santé

Nous vivons dans une société d’abondance en Occident et les problèmes de santé sont souvent liés aux excès alimentaires : diabète, arthrite, cancer, maladies cardiovasculaires.
Les excès peuvent fausser la sensation de faim, nuire à la qualité du sommeil, affecter l’humeur. En outre, il est fréquent que l’on mange pour éviter la conscience de soi ou endormir une émotion inconfortable, plutôt que de l’accueillir et de voir ce qu’elle vient nous dire.
Depuis les dernières années, on parle de plus en plus de jeûne intermittent, c’est-à-dire ne pas manger pendant 16 heures et concentrer les repas sur une période de huit heures. Cela permet une véritable cure de rajeunissement. En effet, s’il n’est pas occupé à digérer, le corps peut réparer et régénérer ses tissus. Certains médecins préconisent le jeûne et le proposent à leurs clients, alors que d’autres ont des réserves. Il est facile de trouver de l’information sur le sujet, La Presse+ en a même parlé le 6 mars dernier, en publiant un article sur le sujet : Le jeûne intermittent : en santé sans manger.
Le docteur japonais Hiromi Shinya l’explique dans son livre L’enzyme de rajeunissement, lui qui vit la moitié de l’année au Japon et l’autre aux États-Unis. Il est ainsi capable de comparer l’alimentation de ces deux pays et de constater l’incidence de l’alimentation sur la santé. C’est le décès de sa femme, encore jeune, quelques années après leur arrivée aux États-Unis qui l’a poussé à comparer l’alimentation japonaise et l’alimentation américaine et à approfondir le sujet.
Sans forcément jeûner, on peut manger moins pour vivre mieux. Voici un autre extrait (tiré celui-ci de l’ouvrage La vie intégrale) qui parle d’une étude réalisée avec des singes :
« En juillet 2009, deux singes macaques ont fait la une du New York Times. Canto affichait une belle prestance avec une silhouette longiligne, un regard vif et un poil fourni et lustré. Owen, avec bourrelets de graisse, son œil morne et son poil clairsemé et terne, aurait facilement pu passer pour le père de Canto. Pourtant, ils étaient sensiblement du même âge, soit 27 et 29 ans respectivement, ce qui est un âge vénérable pour des macaques. Comment les deux singes ont-ils pu vieillir si différemment?
Canto et Owen ont participé à une étude de longue haleine portant sur les effets de la restriction calorique sur le vieillissement, menée par le Centre national de recherche sur les primates du Wisconsin à Madison. Les deux singes sont représentatifs de leur cohorte respective. Owen a eu le bonheur (ou le malheur selon le point de vue) d’être nourri ad libitum. Toute sa vie, il a eu accès à autant de nourriture qu’il le souhaitait et il ne s’en est pas privé. Pour sa part, Canto a plutôt été soumis à un régime spartiate depuis le début de sa vie adulte. On lui a donné une nourriture équilibrée, mais réduite en quantité, comportant 30 % moins de calories que ce qu’il avait l’habitude de consommer avant d’être placé sous régime. (…)
L’apparition de maladies liées au vieillissement comme le diabète, le cancer, les maladies cardiovasculaires et l’atrophie du cerveau était significativement retardée au sein du groupe de Canto. En excluant les animaux morts de causes non reliées à l’âge, les compagnons de Canto ont vécu en moyenne 28,42 années contre 25,68 pour le groupe d’Owen. C’est 2,74 années de plus, soit une longévité accrue d’un peu plus de 10 %. »
Ceci étant dit, la frugalité a ses avantages et on peut l’installer du moins par période. Dans le cadre de cet article, je ne parlerai pas des différents régimes : végétarien, végétalien, méditerranéen, etc. Ce qui compte, c’est d’avoir une alimentation variée, biologique et locale autant que possible, adaptée à notre constitution et à nos activités. Reste que la diète méditerranéenne et celle d’Okinawa, une île du Japon, sont reconnues comme très bénéfiques pour la santé et la longévité.
Il est également important de s’assurer d’avoir un bon microbiote pour maximiser l’assimilation de ce que nous mangeons. Les lactofermentations participent à créer et à entretenir un microbiote équilibré : kombucha, miso, légumes lactofermentés, yogourt, etc. Une petite quantité chaque jour permet cet équilibre. Si le microbiote a été perturbé pour une raison ou une autre, prendre des probiotiques pendant quelques semaines aide grandement.
Et on n’insistera jamais assez sur l’importance de prendre le temps de mastiquer, de savourer et de profiter du plaisir de manger. Il ne s’agit pas de pratiquer un ascétisme rigide, mais de bien profiter de la nourriture avec conscience et gratitude.

Plantes médicinales

Les plantes médicinales peuvent assurément faire partie de la prévention. Plusieurs plantes médicinales sont des aromates utilisés quotidiennement et on a intérêt à les inclure systématiquement aux repas. On peut aussi les boire sous forme de tisanes, de limonades et autrement.
Lesquelles sont les meilleures pour prévenir et soutenir la santé? Il y en a plusieurs et on fera notre choix en fonction de nos besoins. Reste que d’inclure des plantes nourrissantes, reminéralisantes et adaptogènes est déjà un bon point de départ. Voici quelques suggestions :

Grande ortie : l’incontournable, la plante chouchou des herboristes. Plante nutritive par excellence qui fournit minéraux et vitamines en quantités appréciables. Elle soutient les reins dans leur travail de filtration, participe à la régénération du corps en général, stimule la vitalité. C’est aussi une excellente antiallergique, dépurative, anti-inflammatoire et tonique générale.

Grande Ortie est nutritive et fournit minéraux et vitamines
Grande ortie Urtica dioica

Avoine cultivée : pour soutenir et nourrir le système nerveux, qui est tellement sollicité à notre époque. Elle fournit les minéraux essentiels à un bon fonctionnement des nerfs.

Avoine cultivé soutient et nourrit le système nerveux.
Avoine cultivée Avena sativa

Basilic sacré : une plante qui aide à être plus zen et à avancer dans la vie avec plus de sérénité.C’est un excellent immunomodulateur qui est utilisé autant pour les allergies que pour les faiblesses immunitaires. Il permet une meilleure concentration et soutient également le travail des reins.

Basilic sacré est une plante adaptogène
Basilic sacré Ocimum tenuiflorum

Plantes aromatiques : elles équilibrent le tractus digestif tout en le stimulant. La digestion s’en trouve améliorée en soulageant les ballonnements et gaz; elles permettent un travail efficace des sucs digestifs et un péristaltisme adéquat. Le microbiote est aussi assaini.

Plantes adaptogènes : elles portent bien leur nom et permettent de mieux s’adapter au stress et aux défis du quotidien. Il y en a plusieurs : reishi, ashwagandha, astragale, éleuthérocoque, rhodiole et j’en passe. On choisira en fonction de ses besoins spécifiques. Consulter un herboriste aide à faire un choix éclairé.
En effet, les herboristes et naturopathes sont de bons guides pour faire de la prévention ou pour s’occuper des petits malaises avant qu’ils ne deviennent trop importants. Les plantes médicinales sont des alliées précieuses pour maintenir la santé ou la ramener. Cela combiné à une bonne hygiène de vie, bien évidemment.

Sommeil

À notre époque, le sommeil est souvent malmené. Un horaire chargé et un bombardement d’informations qui viennent de tous les côtés (et de tous les écrans) nous incitent à couper sur les heures de sommeil pour arriver à faire et à voir plus que ce qui sain pour notre organisme. Le sommeil est très important pour la santé, car il permet de :

  • refaire nos réserves d’énergie,
  • consolider et intégrer des connaissances,
  • remodeler les neurones par la plasticité neuronale,
  • soutenir le système immunitaire,
  • régénérer, grandir et réparer,
  • détoxifier les tissus.

Les besoins varient avec l’âge et selon les individus. Il faut donc connaître nos besoins et y répondre le plus possible. Si on a absolument besoin d’un café le matin pour fonctionner, c’est probablement signe que le corps n’a pas eu le sommeil adéquat. Avec l’éclairage artificiel, on est moins en lien avec les cycles de lumière naturelle. Dans les grandes villes, les lumières et nombreuses activités créent une frénésie qui ne favorise pas le sommeil; la discipline est nécessaire pour bien répondre à ce besoin essentiel.
Un éclairage tamisé, des activités tranquilles, une tisane, le rangement des écrans électroniques sont tous des facteurs qui peuvent faciliter l’endormissement et un sommeil réparateur. Les plantes médicinales sont aussi efficaces pour rétablir les rythmes du sommeil ou pour calmer un système nerveux surexcité. Les plus connues sont le houblon, la valériane officinale, la scutellaire latériflore, la cataire, la passiflore et le pavot de Californie.

Pavot de Californie bonne plante pour le sommeil
Pavot de Californie Eschscholzia californica

Doshas, langue et lunules

Il est intéressant de se servir de grilles de lecture pour mieux se connaître et avoir des indices sur nos besoins selon notre tempérament. La médecine ayurvédique le fait avec les doshas. On peut facilement faire le test sur Internet. Plusieurs sites le proposent et cela permet de voir quel dosha est dominant pour nous et quels sont les trucs pour conserver ou ramener l’équilibre. L’ayurvéda donne des conseils variés sur l’alimentation, l’exercice, les plantes, etc.
En ayurvéda comme en médecine chinoise, on regarde l’état de la langue. Une cartographie de la langue existe et elle met en relation différentes sections de la langue avec les organes du corps humain. L’enduit, la couleur de celui-ci et la couleur de la langue, ainsi que tout autre indice comme des fissures ou des boutons donnent des pistes sur la santé de l’organisme. Ainsi, on peut déjà voir des indices d’inflammation, de stagnation, de mauvaise circulation avant que cela ne cause de gros malaises physiques.
Les lunules sur les ongles nous donnent aussi des informations sur notre vitalité. En effet, plus on a de lunules, plus on a de vitalité. C’est un bon moyen pour suivre notre niveau de vitalité, car cela peut changer assez rapidement en l’espace de quelques mois. Il faut tout de même faire attention, car ceux qui ont plusieurs lunules très hautes peuvent avoir tendance se dépenser sans compter et cela peut les mener à l’épuisement.

Exercice

C’est aussi un facteur important pour une bonne santé et tous ses bienfaits sont largement connus. Bouger est donc important et ce qui y contribue, c’est de trouver une ou des activités qui nous allument et nous donnent le goût de les intégrer à notre vie. Il ne faut pas que ce soit une corvée. Les pratiquer avec des amis ou dans un groupe aide à garder la motivation les jours où il est plus difficile de le faire. De plus, l’offre est abondante. On a qu’à penser au yoga, il y a le hatha yoga, l’ashtanga yoga, le yoga chaud, le yoga volant et j’en passe. Et ce n’est qu’une discipline avec plusieurs variantes; on a donc l’embarras du choix.

Conscience

it qu’effleurer le sujet. Un livre complet serait nécessaire pour bien couvrir la matière, mais cela se veut un rappel dans notre vie trépidante. On a le choix de cultiver la santé et d’être le jardinier de notre corps physique, car nous sommes tous responsables de ce territoire, notre terre intérieure. Comment la cultivons-nous? Sommes-nous à l’écoute de notre nature intérieure comme le sont les Autochtones avec la nature? Savons-nous apprendre des signes de notre corps pour le maintenir dans un état optimal? Il ne s’agit pas de se culpabiliser si on n’y arrive pas de manière idéale, mais d’être en chemin vers… Vers la conscience de soi, de sa santé et de celle de la Terre pour une meilleure vie pour chacun de nous et les générations futures.

Références :
BÉLIVEAU, Richard. « La cause des cancers : notre façon de vivre plutôt que l’hérédité », Journal de Montréal, 15 octobre 2007.https://www.richardbeliveau.org/wp-content/uploads/R2007-10-15-OCT-046-CompressedSecured.pdf
DUPONT, Éric, Christine MICHAUD, Diane BILODEAU et Christian FORTIN. La vie intégrale, Gallimard-Édito, 2017.
HANDFIELD, Catherine. « Jeûne intermittent : en santé sans manger », La Presse +, 6 mars 2018. http://www.lapresse.ca/vivre/sante/nutrition/201803/06/01-5156241-jeune-intermittent-en-sante-sans-manger.php

Articles liés