Le credo du bon mangeur

Le credo du bon mangeur

Tout le monde mange. Tout le monde doit manger. Mais de nos jours, ce n’est pas évident de savoir quoi manger ou encore comment le manger. Voici un petit extrait de notre cours Nutrition et alimentation saine, une mise en contexte sur notre approche face à l’alimentation. Au bas de l’article, vous trouverez également la vidéo d’une conférence que j’ai donné à ce sujet au Festi-Herbes (Symposium Médecine de la terre) 2015. Bon appétit !

Ce credo a été créé dans le but de se simplifier la vie. Parce que oui, bien manger peut être complexe. Il faut comprendre un peu quels sont les besoins nutritionnels du corps pour être en mesure de choisir les aliments adaptés. Mais en même temps, manger, c’est primaire. Les humains mangent depuis toujours et ne se sont jamais autant questionnés sur le sujet. Quand on commence à apprendre sur le sujet, on peut facilement devenir obsédé par ce qu’on doit manger et ce qu’on ne doit pas manger. On peut même avoir tendance à vouloir tout calculer. Et en fin de compte, ça complexifie les choses, ça rend le fait de manger moins agréable. Sans parler de toutes les informations contradictoires que l’on peut trouver, une véritable « cacophonie nutritionnelle ».

Bien manger, ça ne doit pas être compliqué. C’est bien de comprendre plus en profondeur ce qui est impliqué dans la nutrition, mais dans la vie de tous les jours, il faut vulgariser, simplifier, pour que « bien manger » devienne quelque chose de facile, de normal.

Le choix du régime se fera alors en fonction des goûts individuels, de l’état de santé, de la région où l’on habite et des valeurs personnelles.

Voici quelques grandes lignes relativement simples à l’intérieur desquelles s’insèrent tous les aliments et régimes alimentaires pouvant être considérés comme sains.

1. Évite la nourriture industrielle.

Ce sont les grandes monocultures, les cultures chimiques, les aliments transformés avec des ingrédients artificiels, les additifs, les aliments dénaturés, les produits animaux provenant d’élevages intensifs où les animaux sont nourris avec des grains (souvent OGM) et n’ont pas accès à l’extérieur, à l’herbe, aux insectes, au soleil, etc., les OGM. La nourriture industrielle nuit à l’environnement, à la santé et à l’économie de subsistance et de proximité. De plus, elle bafoue les droits de l’homme et des animaux. Il peut y avoir du bio industriel. On peut voir de plus en plus de produits transformés bio sur les tablettes de nos épiceries. Comme le dit Benoît Girouard, président de l’Union paysanne : « Il peut très bien y avoir des obèses et des diabétiques bio ! » Quand on mange mal, ça peut être bio, mais ça aura le même impact négatif sur le plan métabolique.

Légumes et fruits bio2. Favorise les aliments issus de l’agriculture biologique.

Donc, une fois que l’on a mis de côté ce qui est industriel, dans ce qui reste, on opte autant que possible pour le bio. Le bio, c’est mieux à tous les niveaux. Premièrement, c’est exempt de produits chimiques. Deuxièmement, la façon dont ces aliments ont été cultivés protège l’environnement, favorise la biodiversité et la santé des sols. Lorsque l’écosystème est sain, que le sol regorge de vie et de nutriments, les aliments qui y poussent sont plus sains et même plus nutritifs.

3. Connais-toi toi-même et respecte-toi.

Il n’existe pas UN régime idéal tout simplement parce que nous sommes tous différents. On n’a qu’à penser aux intolérances et aux allergies pour le constater. Certains peuvent mourir en mangeant une arachide. Est-ce votre cas ? Tous les peuples à travers le monde possèdent la génétique de leurs ancêtres, des milliers d’années d’adaptation à un écosystème, encodé dans l’ADN. Est-il sensé de croire que les peuples où l’on faisait l’élevage traditionnel d’animaux dont on consommait le lait, arrivent à mieux tolérer les produits laitiers tandis qu’il en va autrement pour beaucoup d’autres ? Oui, tout à fait. Ainsi donc, il nous revient, à nous, de déterminer quels sont les bons aliments sains pour nous et lesquels le sont moins (en considérant toujours les premiers énoncés de ce credo). Il faudra peut-être pour cela réapprendre à s’écouter et à observer les effets des aliments dans notre corps.

un dessert fait aussi partie d'une alimentation saine4. Ne sois pas fanatique.

Dans la plupart des cas (ce qui exclut les allergies et intolérances importantes et certaines pathologies spécifiques), ce n’est pas ce que vous mangez le dimanche qui fera toute la différence. C’est ce que l’on mange la grande majorité du temps. Notre organisme est capable de gérer un festin ou une dérogation occasionnelle et fêter et déroger sont deux choses qui font du bien à l’esprit. On pourrait aussi ajouter, dans cette question de fanatisme, qu’il conviendra d’éviter de juger autrui sur la base de ce qu’il mange. Chacun fait ses choix à la lumière des connaissances qu’il possède et selon ce qu’il croit être le meilleur pour lui. Le dialogue, l’échange et l’ouverture d’esprit sont les meilleurs outils collectifs pour améliorer toute situation.

5. Que la base de ton alimentation ne vienne pas de trop loin.

On ne devrait pas baser notre alimentation sur des aliments qui ne poussent pas dans la région où l’on habite. Tout simplement parce que ce n’est pas durable, parce que cela nous rend dépendants d’un pays lointain pour notre alimentation quotidienne, cela requiert beaucoup de transport (donc plus de pollution) et cela ne participe pas à l’économie régionale. Apprenez à connaître les ressources alimentaires de votre région, selon les saisons, et adoptez-les. Après ça, un peu d’épices, de chocolat, d’huile, d’agrume, de noix, de thé, etc., ça complète bien, si l’on en a envie.

Au Festi-Herbes (Symposium Médecine de la Terre) 2015, j’ai donné cette conférence sur le Credo du bon mangeur et sur l’alimentation.

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