Le vertueux sommeil et ses alliés

Le sommeil, un acte qui peut sembler anodin, est pourtant présent chaque jour de nos vies. Pendant que certains tombent littéralement de sommeil, d’autres tentent de le trouver. Tous nos êtres tendent vers le sommeil, car celui-ci est vital pour nos organismes humains.

Si on observe attentivement, le nombre de processus qui se produisent simultanément durant le sommeil, on peut seulement être impressionné devant cette incroyable capacité qu’a notre corps à retrouver l’équilibre. Encore une preuve que notre organisme est magnifiquement orchestré ! Dans cet article, j’aborderai des plantes qui viennent soutenir les processus naturels du corps pendant le sommeil.

 

Les besoins en sommeil

On entend souvent dire qu’il faut un huit heures de sommeil par nuit pour être en forme. En fait, les besoins de chacun sont différents et dépendent d’une série de facteurs. On peut être génétiquement un gros dormeur, un dormeur moyen ou un petit dormeur. Ainsi, certaines personnes auront besoin de dix heures de sommeil, tandis que d’autres seront bien avec six heures. Les besoins en sommeil sont donc relatifs à notre constitution de base.

Les facteurs qui peuvent influencer la qualité du sommeil et, par conséquent, la durée de celui-ci sont : l’endroit où l’on dort, la présence ou l’absence d’interruptions du sommeil, la qualité du sommeil profond, le niveau de stress, la présence des écrans en soirée, la consommation de stimulants et bien d’autres habitudes de vie. Donc, pour favoriser une bonne qualité de sommeil, on s’assurera de favoriser l’absence de stimuli (par le silence, la noirceur, etc.), d’éviter les stimulants après 14 h, d’éviter les écrans bleutés en soirée, de créer une routine nocturne qui installe un rythme que notre corps reconnaît. Bien sûr, plusieurs plantes calmantes seront à privilégier pour ralentir le rythme et doucement nous accompagner vers notre lit.

 

On entend souvent que les heures avant minuit sont très importantes pour la qualité du sommeil.

Pour ma part, ce que j’observe, c’est que certains penseurs se basent sur l’observation des astres pour énoncer cette affirmation alors que, de l’autre côté, des scientifiques démontrent que l’heure de coucher n’a pas d’incidence sur la qualité du sommeil. Selon ces études*, la qualité du sommeil dépend plutôt du fait que les deux premiers cycles de sommeil sont ininterrompus. Je ne peux trancher qui a raison et j’ai appris avec les années qu’il n’existe pas une seule vérité. Je vous invite donc à voir en vous ce qui en est. Êtes-vous influencé par l’heure à laquelle vous vous couchez ? Certes, si vous devez vous lever tôt, il sera important de vous coucher avant minuit afin de bénéficier d’assez d’heures de sommeil.

 

Les cycles

Le sommeil n’est pas uniforme et linéaire. Il a un côté cyclique où l’on retrouve des alternances de sommeil profond, de sommeil léger et de sommeil paradoxal. Ces différentes phases permettent au corps d’effectuer des fonctions complémentaires afin que toutes les parties du Moi soient restaurées. Le sommeil profond prendra davantage soin de notre corps physique, tandis que le monde des rêves harmonise notre monde émotif et mental.

Aussi, j’aimerais ramener à notre mémoire que le sommeil s’inscrit dans un autre cycle, soit le cycle circadien, celui qui régit le jour et la nuit. Il y a une plante que j’affectionne particulièrement pour réguler ce cycle solaire-lunaire, c’est l’ashwagandha (Withania somnifera).

Contrairement à ce que son nom latin laisse présager, elle n’est pas somnifère et il est possible de la consommer à tout moment du jour, c’est même une plante qui tonifie l’organisme. Son nom indien nous parle de cette force, car sa traduction est littéralement la « force du cheval ». C’est une belle adaptogène qui aide à remplir nos batteries, à nous nourrir, à réguler notre cycle circadien en favorisant la sécrétion de mélatonine par notre corps. Une bonne alliée quotidienne pour rétablir les cycles. J’aime bien l’utiliser sous forme de poudre mélangée à de la compote de pomme qui vient tempérer sa saveur âcre, à raison d’une cuillère à soupe 2 à 3 fois/jour. Par contre, n’essayez pas de faire la poudre vous-même, cette plante a une racine aussi ferme que de la roche !

 

Le sommeil et ses mille vertus

Entrons maintenant dans le cœur du sujet, la grandeur des bienfaits du repos nocturne. Le sommeil est littéralement une cure de jouvence pour tout notre être. Il nous permet de remplir nos batteries physiologiques, c’est une des principales sources d’énergie pour notre corps. C’est un processus au cours duquel le rythme de notre corps ralentit, permettant à nos divers organes de se reposer du stress diurne.

Restauration et réparation du corps

Les premières heures de notre sommeil servent davantage à restaurer et à réparer nos fonctions physiques et le sommeil profond y est prédominant. Lors du sommeil profond, une multitude de processus s’enclenchent afin de régénérer les cellules et les tissus endommagés du corps et d’éliminer les déchets des divers organes. Des cellules aux organes, notre corps se revitalise, se reconstruit, se guérit.

 

Afin d’appuyer la régénération, les plantes trophorestauratrices et toniques sont intéressantes

En voici quelques-unes qui pourraient être consommées juste avant le coucher.

Aubépine (Crataegus oxyacantha)

Nous pouvons penser à l’aubépine qui, par son côté relaxant, sédatif, peut si bien aider ce processus de ralentissement. Elle est bénéfique, tonifiante et équilibrante pour le cœur, mais aussi pour tout le système cardiovasculaire. Un vrai élixir de régénération pour le cœur et ses vaisseaux. En plus d’être relaxante, elle redonne du tonus aux tissus et soutient l’élimination par les reins, via son côté diurétique. Une compagne qui nous amène au sommeil, en prenant bien soin de nous.

Grande ortie (Urtica dioica)

Hé oui, l’incontournable grande ortie ! Une plante amie des reins, des organes à soutenir en temps hivernal. En médecine chinoise, l’hiver correspond aux reins et les reins sont le siège de l’énergie vitale. La saison froide est donc un bon moment de l’année pour les entretenir et les fortifier. En plus d’être très nutritive, la grande ortie encourage l’élimination des déchets, en soutenant les reins. En général, c’est davantage ses feuilles qui sont consommées, mais lorsque l’on vise la régénération des reins, je privilégie assurément ses graines. En concentré liquide, à raison de 3 à 5 prises de 20 gouttes par jour, vous ressentirez les bienfaits si vos reins sont fatigués. De plus, l’ortie est une plante adaptogène, vraiment elle est là pour nous !

Chardon-Marie (Silybum marianum)

La grande amie du foie. Le foie est un organe très occupé dans notre corps. Il réalise de multiples processus de transformation et d’assimilation, en plus de faire la gestion des toxines. Avec les conditions de notre monde moderne, on peut dire que cet organe a bien besoin d’amour ! Le chardon-Marie soutient en douceur et en profondeur le foie et ses fonctions d’élimination et stimule la régénération des cellules hépatiques. Les meilleures façons de consommer ses graines sont en concentré liquide ou en poudre.

Avoine (Avena sativa)

Quand je pense régénération du système nerveux et de ses cellules, je pense directement à l’avoine. Une grande nourricière, pleine de minéraux alcalins, de chaleur, de réconfort. Elle est donc excellente en période de repos, de rétablissement et, même, de sevrage. Je reste par contre toujours vigilante avec les personnes qui présentent une intolérance au gluten, car à de multiples reprises j’ai vu apparaître des réactions avec l’avoine.

Hydne hérisson (Hericium erinaceus)

Un magnifique champignon blanc très intéressant pour la régénération nerveuse et cérébrale. Il a été beaucoup étudié pour sa capacité à stimuler les hormones de croissance des tissus nerveux. On trouve ce compagnon de notre cerveau de plus en plus facilement sous forme de capsule ou de poudre.

Restaurer les cellules, tissus, muqueuses et peau avec les plantes vulnéraires et émollientes

Afin de soutenir la guérison des tissus endommagés, je pense directement aux plantes vulnéraires et cicatrisantes, mais aussi aux plantes émollientes qui viennent panser et créer un baume sur les blessures.

Calendule (Calendula officinalis)

Une des plus grandes cicatrisantes qui me vient en tête est cette belle dame orangée qu’est la calendule. Plusieurs fois dans mon expérience, je l’ai observée guérir des plaies, mais aussi de vieilles cicatrices. Avec ses propriétés anti-inflammatoires, cicatrisantes, antiseptiques et adoucissantes, elle prend soin de notre peau externe, mais aussi interne. En plus, elle vient en douceur soutenir l’élimination aux niveaux lymphatique et hépatique. Lorsque l’on sait que la peau se régénère seulement la nuit, on comprend que cette spécialiste de la peau est une belle alliée quotidienne à adopter.

Mauve des bois ou mauve musquée (Malva sylvestris ou Malva moschata)

La deuxième plante qui me vient en tête est la mauve. Pour moi, elle représente la douceur incarnée. Elle calme le trop de feu et l’inflammation. Généralement, on utilise sa fleur, mais pour plus de mucilages, on peut utiliser sa racine.

Plantain majeur (Plantago major)

Ici, je parle du plantain majeur, à ne pas confondre avec son comparse lancéolé (quoiqu’ils ont beaucoup de similitudes!). Ce plantain, si présent dans notre environnement, est un excellent vulnéraire. Il favorise donc la régénération des tissus, mais il aide aussi à évacuer les toxines. Il tire littéralement sur les toxines, c’est une des raisons pour lesquelles on peut l’utiliser directement sur des piqûres d’insectes. Un des points importants, lorsque l’on veut utiliser le plantain, c’est qu’il est beaucoup plus efficace lorsqu’il est frais. En hiver, je privilégie donc le concentré liquide, plutôt que l’infusion.

 

Fixation des minéraux

Une autre fonction que le corps accomplit durant le sommeil est la fixation des minéraux. C’est donc une excellente occasion de prendre des plantes minéralisantes avant le coucher, puisque notre corps pourra les intégrer directement. On peut penser à l’avoine et à l’ortie, déjà mentionnées ci-haut, mais aussi à la prêle, au framboisier, à la luzerne, au trèfle rouge et à la spiruline.

 

Sommeil paradoxal

Plus la nuit s’allonge, plus la place du sommeil paradoxal est grande. Le monde des rêves, qui appartient à cette phase, sert à équilibrer nos émotions, à structurer notre mémoire, à consolider les apprentissages, etc. C’est la phase équilibrante psychique et émotionnelle de notre sommeil. Ainsi, une multitude de processus s’activent afin de restaurer les fonctions psychiques et cognitives, d’éliminer le surplus de stress, d’émotions et même d’informations, d’intégrer les acquis ou événements de notre journée dans notre mémoire et d’harmoniser le tout.

Lorsque je pense au stress, la première classe de plantes qui vient à mon esprit, ce sont les plantes adaptogènes qui augmentent notre résistance et notre réponse au stress. Elles sont aussi des plantes tonifiantes pour l’organisme en général, en fait tout le monde bénéficierait de consommer des adaptogènes régulièrement. J’ai déjà nommé l’ashwagandha, la grande ortie et l’avoine et on pourrait penser aussi au basilic sacré, à l’éleuthérocoque et au rhodiole. Ces deux derniers pouvant être aussi énergisants, je conseillerais davantage leur consommation en journée, plutôt qu’en soirée.

Les élixirs floraux pourraient être utilisés afin d’harmoniser les événements d’une journée, d’équilibrer nos sphères psychiques et émotives.

 

Pour soutenir les fonctions cognitives et favoriser la restauration du cerveau

Certains alliés ressortent du lot, tels que l’hydne hérisson (nommé ci-haut), le gingko biloba et le bacopa. Dans les dernières années, ces deux plantes ont démontré une efficacité prometteuse dans la prévention de la dégénération des fonctions cognitives. Elles sont littéralement des spécialistes pour fortifier la mémoire, la concentration et les autres fonctions cognitives. Peu importe notre âge, ces plantes peuvent nous accompagner.

 

La liste des vertus du sommeil est encore longue, ainsi que les plantes et champignons alliés et tonifiants.

Finalement, choisir les végétaux appropriés pour nous passe par la connaissance de soi et de ses besoins. On pourrait choisir les plantes qui correspondent à nos besoins physiques et en faire un mélange à parts égales en concentrés liquides et prendre de gros dosages (60 à 120 gouttes, au coucher). Attention ici de ne pas mélanger plus de huit plantes; habituellement, je préfère choisir au maximum cinq plantes et plutôt faire une alternance des mélanges.

Nos besoins en sommeil aussi seront variables, dépendants de nos habitudes, de nos périodes de vie, etc. Par exemple, si on travaille physiquement, nous nécessiterons davantage de sommeil profond pour favoriser la régénération physique, tandis que si nous travaillons intellectuellement, nous voudrons bénéficier d’une nuit de sommeil plus longue, afin d’avoir plus de sommeil paradoxal.

En espérant que vos tisanes calmantes du soir seront maintenant accompagnées de plantes régénérantes, tonifiantes, nutritives, cicatrisantes.

 

Références

GRATTON, Nicole. Les secrets de la vitalité, Édition Flammarion, Québec, 2003, 219 p.

*www.douglas.qc.ca/info/sommeil-et-enfant-repercussions-du-manque-de-sommeil-sur-la-vie-quotidienne

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