Minimaliste et allégement

Minimalisme et allègement

Le minimalisme m’inspire légèreté et simplicité. La simplicité volontaire, autant au niveau matériel, au niveau des soins qu’au niveau intérieur. Une douce simplicité qui ne rime pas avec austérité, rigidité, aridité, mais plutôt avec unicité, respect, légèreté, une juste abondance qui respecte la vie.

Avant de devenir herboriste, mon parcours de vie m’a amenée, il y a 30 ans, à faire de l’éducation relative à la protection de l’environnement. J’enseignais donc à réduire, à réutiliser, à recycler, à composter, etc. Hé oui, il y a 30 ans, on parlait de changements climatiques, de l’impact des actions et des choix de l’humain sur le climat, la planète et la santé de tous ses habitants. Ce n’était déjà pas joyeux comme pronostics et on a dépassé bien des fois ceux-ci par notre inaction collective. Heureusement, nous semblons arrivés à un point de bascule possible avec l’engagement de plus en plus important des individus pour la sauvegarde de notre planète.

Minimalisme dans nos vies

Je vous partage ici diverses avenues qui pourraient vous inspirer à vous demander dans plusieurs facettes de votre vie : en ai-je vraiment besoin?

S’alléger du paraître!

minimalisme et vêtements« Ainsi, l’industrie de la mode produit 20 % des eaux usées mondiales et 10 % des émissions mondiales de carbone, soit plus que l’ensemble des émissions provenant des vols internationaux et de la navigation maritime. La teinture des textiles est le deuxième pollueur d’eau dans le monde, selon le rapport de la Fondation Ellen MacArthur ».

Sans parler des impacts des teintures capillaires et du maquillage chimique sur l’environnement et la santé.

Sans parler des produits corporels divers et pas nécessaires, mais tant vantés par cette industrie de l’image avant tout.

Saviez-vous que votre impact positif sur l’environnement serait plus important si vous limitiez votre consommation de vêtements plutôt que d’arrêter de voyager? Parce que j’aime la beauté, la création, l’art, la richesse des textures, des formes, des couleurs, etc., mais je veux avoir une empreinte écologique la plus petite possible, j’opte pour les friperies plutôt que les commerces de vêtements neufs, je fais des échanges, etc.

Minimalisme dans les soins du corps

Pour les soins du corps, un simple savon doux de base fera l’affaire et vous permettra de nettoyer visage et corps, voire vos cheveux si votre type de chevelure le permet. Des ajouts comme des pigments, brillants, morceaux de plantes dans les savons sont, selon moi, bien personnels, inutiles, voire du gaspillage puisque, de toute façon, ils se retrouveront dans le drain et n’ajouteront rien de significatif à la fonction et à l’efficacité du dit savon. Ils peuvent même favoriser la pollution des cours d’eau avec les nanoparticules. Mais l’industrie du paraître fait rage ici aussi…

Bon, je sais, c’est un peu plate comme façon de penser, mais tant qu’à avoir cultivé, récolté, etc. de la rose, de la lavande ou d’autres magnifiques plantes qui sont de merveilleuses médicinales, j’aime mieux les avoir dans un produit pour le bain (où je resterais assez longtemps pour bénéficier réellement de leurs propriétés) ou encore dans une infusion pour observer leur magnifique couleur et sentir le chemin qu’elles emprunteront dans mon corps quand je les consommerai.

Pour moi, de bien les utiliser et de ne pas les gaspiller est aussi une façon de les reconnaître et de les honorer pleinement à leur juste valeur. Quand je fabrique un produit, je me demande toujours si tel ou tel ingrédient est vraiment utile en fonction de l’usage et de l’effet recherché. La fonctionnalité prime sur la beauté, mais cela ne veut pas dire que la beauté doive être absente. Mon sel de mer à la rose pour le bain est magnifique et je sais qu’en plus d’être beau, il me permet de bénéficier de ses propriétés.

Minimalisme dans les soins de la peau

minimalisme soin de la peauD’avoir une simple huile de macération adaptée à votre peau, tant par le bon choix de l’huile que celui des plantes dans la macération ou des huiles essentielles ajoutées, est suffisant pour prendre soin de celle-ci. En tout cas, pour ma part, j’ai 50 ans, très peu de rides et on me mentionne souvent que j’ai une belle peau. Cette même huile me sert autant pour le visage et le corps que de démaquillant.

Un simple gant exfoliant, un petit mélange de farine et de noix moulues pour exfolier la peau, et une argile pour la nettoyer en profondeur sont suffisants pour tous les soins du corps. Vous pouvez ajouter certaines plantes, si vous avez des besoins spécifiques.

Pour mes cheveux, depuis près de 25 ans, je me fais un gel avec des graines de lin et de l’eau chaude. Je laisse le mucilage se développer, je filtre, j’ajoute parfois quelques gouttes d’huiles essentielles, j’embouteille et j’applique, tout simplement.

Pour le maquillage, il est naturel, sans produits chimiques et limité au minimum pour les occasions spéciales. Pas besoin de 25 produits, la simplicité peut aussi s’appliquer ici. Je garde ce temps, mon argent et mon énergie pour autre chose.

J’ai choisi de m’apprécier et de m’aimer au naturel!

Je vous dis, ça allège teeeeeellement! Ça allège autant mon corps et ma psyché. Avec temps que je ne passe plus à me pomponner, je fais des choses qui ont du sens pour moi. Ceci étant dit, j’aime toujours autant les vêtements et bien paraître, c’est juste que ce n’est plus un désir qui me consume de diverses façons. Cela a pris selon moi une juste place dans ma vie.

Minimalisme dans notre habitat et notre environnement

Concernant la maison, là aussi le choix de matériaux nobles et santé est important. Tout comme de réduire et de réutiliser. J’ai souvent préféré attendre pour avoir la bonne chose plutôt que d’acheter quelque chose de neuf ou qui ne serait pas durable. D’attendre de construire pour avoir le budget pour faire une construction écologique et durable a aussi été un choix qui a fait que vous avons été 10 ans dans un vieux bâtiment en rénovation.

Nous sommes dans une société où on privilégie la vitesse, le paraître plutôt que la pérennité d’une construction, d’une œuvre, de la santé. C’est à chacun de se demander et de décider s’il veut continuer de nourrir ces aspects de nos sociétés occidentales.

Pour ma part, je me questionne constamment à ce niveau. Je fais mes choix non seulement par rapport à une échelle de valeurs, mais aussi par rapport à mes besoins, à ce que je veux réaliser et au meilleur chemin pour moi pour l’atteindre avec le moins d’impact possible.

Par exemple, je rêvais d’une petite maison de hobbit écologique dans la terre. Mais question budget, ressources et aussi désir d’arrimer le tout avec les besoins de l’entreprise, on a opté pour un appartement au-dessus de l’Herbothèque. Ça a plusieurs aspects très écologiques : une seule entrée électrique, une fosse septique, un puits, une fondation, un toit, le tout pour une entreprise plus un appartement, donc moins de ressources pour plus avec en prime pas de transport pour aller travailler, etc.

Idem pour les meubles, la décoration, etc., tout ceci a un impact sur l’environnement, mais aussi sur notre santé. Il y a tellement de produits chimiques nuisibles dans plusieurs matériaux de construction pour les maisons, les meubles, la décoration, etc. Il est important de bien s’informer pour alléger et réduire l’impact de tout ceci sur notre santé. Et aussi celle de nos proches et de l’environnement. On allège grandement notre esprit lorsque nous savons que nous vivons dans un environnement sain pour tous.

Alléger ce que l’on met dans notre corps!

alimentationOn entend de plus en plus parler des dangers et des impacts des produits chimiques que l’on retrouve dans l’alimentation. Mais savez-vous que cela n’est pas nouveau? Quand j’ai fait mes formations en environnement, on soupçonnait déjà les impacts nuisibles de beaucoup de produits. On les pointe aujourd’hui plus fortement du doigt, car il y a de plus en plus de preuves que leurs effets néfastes sont véritables. En cas de doutes, j’ai choisi depuis 30 ans de m’abstenir quand c’était possible. J’ai éliminé les produits transformés et contenant pleins d’additifs, de colorants, etc.

On mange principalement biologique et local pour beaucoup de produits. On cuisine maison, on a réduit grandement notre consommation d’agents sucrants, de matières premières raffinées, etc. Cela s’est fait graduellement, sur quelques années. Actuellement, je dirais qu’environ 95 % de notre consommation est santé. Il est plus facile de maintenir ces changements d’habitude à long terme quand on y va étape par étape.

Cela s’applique aussi aux plantes médicinales et aux produits naturels que l’on peut prendre pour nous soutenir et améliorer notre vie. Parfois, on ne va pas bien, on manque d’énergie et on s’accompagne de ces outils et alliés naturels. Mais parfois, il faut se demander si c’est vraiment de cela qu’on a besoin ou si c’est simplement de repos.

Ceux qui nous suivent depuis longtemps savent que nous avons fait beaucoup tant dans l’ajout de cours, que dans l’aménagement et les constructions sur le site ici. Nous n’arrêtons pas beaucoup. Souvent, j’ai pris de plantes toniques et adaptogènes pour avoir assez d’énergie pour tout faire. Et aussi pour éviter et ralentir l’épuisement qui était proche. Mais je ne peux faire cela indéfiniment, même si j’ai une bonne constitution de base. Il faut aussi un bon sommeil, de l’exercice, des moments de détente et des moments d’arrêt complet qui se nomment vacances! Si je ne le fais pas, malgré les plantes, l’épuisement, voire le burn-out, pourrait cogner à ma porte.

S’arrêter pour déterminer ce qui nous ferait le plus de bien

Et se requestionner sur ce que l’on fait. Il se peut que ce qui m’a fait du bien pendant quelques mois ne soit plus nécessaire et qu’autre chose soit mieux.

Voici un autre exemple : une collègue (Sandie Bouthillette) me disait dernièrement : « Lorsque l’on porte en soi des traumatismes non résolus, qu’on ne s’occupe pas de prendre soin de ces parties de son histoire, pour les apaiser, les pacifier, cela garde notre être en tension constante. Cela épuise le système nerveux, le rend plus fragile. Il se peut donc que cette personne ait toujours besoin de plantes adaptogènes et nervines pour se soutenir, tant que ces chocs post-traumatiques ne seront pas évacués de son système. »

Dans ce cas, le besoin profond, au-delà de la prise de plantes, serait de guérir les traumatismes pour retrouver une paix intérieure. Cela aura un impact direct, positif et durable sur le système nerveux et le niveau d’énergie. Cela permettra également d’arrêter de prendre les plantes sur une base régulière pour cette problématique, car celle-ci aura été réglée à la source.

Naturel égale écologique?

Récolte minimalistePlusieurs pensent que de consommer naturel, c’est inévitablement écologique, donc OK pour la planète. Effectivement, c’est bien mieux que de consommer des produits chimiques. Néanmoins, même si c’est plus santé pour nous et la planète, ce n’est pas toujours écologique. La surconsommation, qu’elle soit dans le chimique ou le naturel, reste de la surconsommation. Et elle peut à court ou à moyen terme mettre des espèces sur la liste des plantes ou animaux menacés ou en voie de disparition.

Effectivement, si tous se mettait à récolter des plantes sauvages, la survie de plusieurs de celles-ci serait rapidement menacée. Je vous invite à faire de la récolte consciente. Et plus d’aider la nature en cultivant ces plantes, en leur créant des milieux naturels où elles pourront se multiplier gaiement.

La surconsommation peut aussi se traduire par la surfabrication de produits naturels divers. Moi aussi, j’ai fait cette erreur à une époque. Combien de petits pots de produits naturels achetés ou que j’avais fabriqués, j’ai dû jeter, car ils étaient périmés. De plus, les produits naturels se conservent moins longtemps. Donc mieux vaut en faire de plus petites quantités et en refaire au besoin. Également, combien d’outils de cuisine ai-je achetés pour faire plus facilement tel ou tel truc? Pour, au final utiliser la plupart du temps une planche à découper et un bon vieux couteau? Je crois qu’on a tous eu des moments comme cela. Mais il vient un temps où il est important d’être cohérent entre nos valeurs et nos actions. La première étape d’une consommation responsable est de ne pas consommer! Ensuite, de faire des choix naturels et sains, puis de réutiliser, de recycler et de composter.

Les idées pour favoriser le minimalisme sont infinies

Je pourrais continuer longtemps avec plusieurs exemples et applications. Mais en résumé, je vous invite à vous demander « En ai-je vraiment besoin? » et « De quoi ai-je vraiment besoin? » Deux petites questions bien simples qui, appliquées à plusieurs facettes de notre vie, apportent légèreté, simplicité. Et je dirais aussi liberté et sérénité. Lorsqu’on accepte d’y répondre avec sincérité et au-delà des dictats de notre société et de notre éducation.

Pour continuer de nourrir votre réflexion, voici deux articles sur ce sujet :

https://www.journaldemontreal.com/2019/06/05/la-cueillette-du-the-du-labrador-pourrait-mener-a-sa-disparition?fbclid=IwAR055ExCqdYB1DgPxteIzyZe2nsSJ4kProweijuWO9QDil6NV4oatsb0GcM

https://www.geo.fr/environnement/contrairement-aux-idees-recues-ces-gestes-ne-sont-finalement-pas-ecologiques-193938?fbclid=IwAR2dZ3UmX4_HR0FPLqsi8gG0AUaIMsTSZQyX8heyYoa7YGt0q19SLWiKtjU

Articles liés

Connexion

Vous n’avez pas de compte? Créer un compte

Johanne Fontaine

C’est en 1993 que Johanne a commencé son apprentissage en herboristerie avec Danièle Laberge et elle est toujours aussi touchée et émerveillée par la beauté, la générosité et l’efficacité des plantes. Elle enseigne depuis la fin des années 1990 et c’est une passion pour elle de faire découvrir l’univers fascinant du monde végétal. Elle a élaboré Les herbes enchantées, des jardins à visiter à Roxton Pond en Estrie où elle avait rassemblé plus d’une centaine de variétés disposées par plates-bandes thématiques. Pendant neuf années, elle a accueilli visiteurs, stagiaires et élèves dans ce lieu bucolique. Depuis 2006, elle travaille à l’Herbothèque où elle participe à la rédaction du matériel de cours et accompagne les étudiants dans leur démarche tout en continuant sa pratique d’herboriste thérapeute accréditée et de coach. Elle s’est impliquée dans les associations d’herboristerie au niveau provincial et fédéral. Elle est également poétesse et harpiste.

Catherine Lalonde

Catherine est convaincue que l’herboristerie est une solution pour l’avenir de la santé communautaire de même que celle de la planète; elle travaille à la promouvoir comme médecine de première ligne afin d’amener le plus de gens possible à découvrir cet art et à se l’approprier. Elle est l’auteure du cahier éducatif pour enfants, Monsieur Plantain. Catherine a enseigné et travaillé à l’Herbothèque de 2008 à 2020. Elle a participé à coécrire plusieurs cours offerts par l’Herbothèque. En 2016, elle a créé son entreprise, Sauvages & Cultivées, qui se spécialise dans la production de plantes séchées et de produits variés. Depuis septembre 2020, elle se consacre au rayonnement de son entreprise.

Anne Vastel

Anne pratique l’herboristerie depuis plus de quinze ans et accompagne des personnes atteintes du cancer du sein depuis les débuts de sa pratique. Elle a fait des formations complémentaires en Colombie-Britannique auprès de Chanchal Cabrera et aux États-Unis auprès de Donald Yance pour approfondir ses connaissances de la maladie et des plantes médicinales. Elle se spécialise aussi dans l’accompagnement des personnes atteintes de la maladie de Lyme. Ces années de pratique lui permettent aujourd’hui de partager ses expériences avec vous afin que vous ayez plus de réponses à vos questions et que vous puissiez faire des choix qui vous conviennent. Anne se passionne aussi pour la médecine chinoise.

 

Natacha Imbeault

Enfant, elle a passé des heures à explorer la nature qui la fascinait. Les plantes et la santé naturelle sont depuis 1988 dans la vie de Natacha. Depuis janvier 2002, elle est copropriétaire et directrice de l’Herbothèque inc. Ses fonctions l’ont amenée à suivre diverses formations en gestion des affaires et en marketing. Natacha s’occupe du développement, de l’approche pédagogique des formations et dirige l’équipe, en plus de participer à la rédaction et à la mise à jour de documents académiques.

Éveilleuse, maitre herboriste, thérapeute multidisciplinaire en médecine naturelle et croissance personnelle, maitre reiki (depuis 1994), elle est entrepreneure, enseignante, chroniqueuse et conférencière. Elle œuvre dans le milieu de la santé naturelle depuis 1991 et depuis 1995 comme herboriste. Elle fait partie du Conseil des Sages de la Guilde des herboristes. Elle a siégé à plusieurs reprises au conseil d’administration, ainsi qu’au comité de l’aile professionnelle de la Guilde des herboristes du Québec. Elle est elle-même Herboriste thérapeute accréditée par l’aile professionnelle de la Guilde.

En plus de ses compétences entrepreneuriales, elle a comme thérapeute une approche holistique et un coffre à outils diversifié : reiki, herboristerie, naturopathie, élixirs floraux, alimentation, approche psychospirituelle, PNL, outils d’interventions TRIMA, formation en rite de passage, médecines énergétiques, médecine traditionnelle et plus encore.

Passionnée par la vie et la santé sous tous ses aspects, c’est pour elle une joie et un privilège d’accompagner l’autre dans son chemin vers la guérison, une plus grande connaissance de lui-même et de la vie qui nous nourrit. Femme médecine, elle porte et transmet la sagesse et les bienfaits de la terre et de la nature.

Son but premier, à travers tous les contacts et les enseignements qu’elle offre, est de transmettre son profond amour et son grand respect pour toutes formes de vie, dans le but d’éveiller en chacun un amour et une passion sans limites pour soi, les autres et la vie.