Pruche du Canada

Pruche du Canada

Depuis fort longtemps, j’ai une affection particulière pour la pruche du Canada. Pendant plusieurs années, j’allais régulièrement dans un centre de la nature où il y avait une magnifique prucheraie. J’adore la prucheraie. Quand j’entre dans cet espace, j’ai l’impression d’entrer dans un lieu sacré, il y règne une paix bienfaisante. Je goûte et profite de cette atmosphère.

Je me suis réfugiée à plus d’une reprise dans cette prucheraie, lors d’une période plus difficile de ma vie. Cela m’a d’ailleurs inspiré un poème que vous trouverez à la fin de cet article.

Partons maintenant à la rencontre de la pruche pour découvrir ses particularités, sa distribution et, bien sûr, ses propriétés.

La pruche du Canada au niveau botanique

Nom latin : Tsuga canadensis (L.) Carrière

Famille botanique : Pinacées

Nom anglais : Canadian Hemlock ou Eastern Hemlock. Attention, car le nom hemlock est aussi attribué à la ciguë qui est toxique. Il vaut mieux vérifier avec le nom latin pour s’assurer que l’on a affaire à la bonne plante si l’on fait des recherches sur la pruche dans des ressources anglophones.

Description botanique de la pruche

La pruche est un grand arbre de 20 à 25 mètres avec un tronc principal droit et des branches étalées à l’horizontale. L’écorce est brun foncé, rougeâtre par endroit, très écailleuse. Les crêtes sont larges et aplaties. Les aiguilles sont courtes, molles et disposées en deux rangs. Elles sont plus courtes et plus souples que les aiguilles de sapin et leur pointe est arrondie. Le dessus est vert luisant et le dessous blanchâtre. Les cônes femelles sont courts (12 à 20 mm); ils s’ouvrent à l’automne et persistent sur l’arbre jusqu’à l’année suivante.

Où retrouve-t-on la pruche du Canada?

C’est un arbre qui pousse dans le nord-est de l’Amérique du Nord, du Québec à la Georgie. C’est le plus frileux des conifères de chez nous. On le retrouve sur la rive sud du Saint-Laurent, jusqu’à Rivière-du-Loup. Sur la rive nord, il est présent sur une bande de terre jusqu’à la même latitude, mais pas au-delà.

Principales parties utilisées

Aiguilles, rameaux (branches et aiguilles), écorce interne des branches de quelques années

On peut récolter les aiguilles et rameaux tout au long de l’année, mais le printemps est un bon moment pour profiter des jeunes pousses vert tendre. La meilleure période pour récolter l’écorce interne est le printemps, mais cela peut être fait à tout autre moment. On choisit des branches de quelques années et on prélève l’écorce interne.

Ce qui est très intéressant avec la pruche, c’est qu’elle est d’usage sécuritaire et plus douce au goût que les autres conifères. Elle convient bien aux enfants.

Préparation de la pruche du Canada

Infusion avec les jeunes pousses fraîches ou séchées : on verse 250 à 325 ml d’eau bouillante sur 5 ml d’aiguilles.

Décoction des rameaux ou de l’écorce interne : on fait mijoter quelques minutes l’écorce réduite en poudre à feu doux ou les rameaux et on retire du feu quand la couleur change. On laisse reposer une dizaine de minutes avant de boire.

Ses constituants actifs

Les aiguilles contiennent de la vitamine C et une huile essentielle composée à environ 40 % de monoterpènes (alpha-pinène, camphène, etc.), environ 39 % d’esters (acétate de bornyle).

L’écorce est constituée de 7 à 14 % de tanins.

Propriétés médicinales de la pruche du Canada

Antiscorbutique, anti-inflammatoire, antiseptique, astringente, calmante, cicatrisante, diaphorétique, diurétique, expectorante

Ses usages thérapeutiques en herboristerie

C’est un arbre très intéressant qui convient aux enfants, qui peut être récolté à longueur d’année et qui couvre plusieurs malaises. De plus, le reishi local (ganoderme de la pruche) pousse sur les pruches. La pruche nous fournit ainsi deux remèdes très intéressants.

Tsuga canadensis

Les aiguilles seules ont le goût le plus doux et avec les rameaux on ajoute de la puissance aux propriétés déjà présentes.

En tisane

Les aiguilles, avec ou sans les rameaux, en tisane peuvent servir pour :

–        le rhume, la grippe, les maux de gorge,

–        l’insomnie, le stress,

–        l’irritation gastrique, la diarrhée,

–        le soutien aux reins,

–        les jambes lourdes ou enflées (en bain de pieds),

–        après un accouchement, pour soutenir la maman en interne, ou en bain de siège pour favoriser la cicatrisation et la bonne remise en place des organes.

En application externe

Un cataplasme des aiguilles, des rameaux ou de l’écorce interne servira pour :

–        la congestion pulmonaire,

–        l’arthrite,

–        les plaies,

–        les hémorroïdes,

–        les reins que l’on veut tonifier,

–        les tendons et ligaments que l’on veut renforcer.

Aromathérapie avec la pruche

On considère son huile essentielle comme :

–      un excellent équilibrant nerveux,

–      un antiseptique aérien en diffusion,

–      un anti-inflammatoire (douleurs arthritiques),

–      un antispasmodique (douleurs musculaires),

–      un antibactérien (infections digestives, respiratoires),

–      un expectorant (toux, bronchite, rhume, grippe).

Juste se déposer sous une pruche ou dans une prucheraie fait déjà un bien énorme, car son huile essentielle aide à lâcher-prise, à se recentrer et à mieux relever les défis de la vie par l’équilibre qu’elle apporte. Elle est donc d’un grand soutien lors de passages importants : séparation, deuil, déménagement, etc.

Élixir de fleur de pruche du Canada

Kate Gilday, herboriste du Vermont, offre l’élixir de pruche. Elle le recommande pour ceux qui vivent un processus de changement et une transformation personnelle. Il guide à travers le changement de conscience. Il soutient pendant les grands bouleversements qu’ils soient personnels ou planétaires.

Mmm… Élixir très approprié pour notre époque!

 

LA PRUCHERAIE

(Poème inspiré et écrit dans une prucheraie)

Ce jour-là mon cœur était en émoi

Et la forêt accueillit mes pas et mon désarroi

Venus chercher sérénité et réconfort

Parmi les maîtres de la forêt sages et forts.

J’aperçus enfin au détour du sentier, ce que je cherchais;

Elle était là devant moi : LA PRUCHERAIE.

Solennelle et belle telle une cathédrale.

Je me recueillis respectueusement devant ce tableau idéal.

Je n’osais m’avancer, un peu intimidée

Quand m’apparut telle une invitation à approcher,

Au centre des pruches, baignée dans un halo de lumière

Une grosse pierre entourée de fougères.

Émue je me suis laissé guider.

Puis me suis assise sous cette belle clarté.

Le soleil a caressé mon cœur et ma peau

Posant un baume sur mes maux.

Les arbres sont de doux alliés parfois meurtris

Par les hommes ou les intempéries.

Alors dans ces moments, c’est à mon tour

De leur offrir lumière et amour.

 


COLLECTIF HERBOTHÈQUE. Plantes en vrac IV, HerbArt 3, Herbothèque, Lantier, 2012, 132 p.

FALARDEAU, Isabelle Kun-Nipiu. Usages autochtones des plantes médicinales du Québec, Les Arbres, Éditions La Métisse, 2016, 393 p.

FARRAR, John Laird. Les arbres du Canada, Fides et Service canadien des forêts, Saint-Laurent, Québec, 1996, 502 p.

TANGUAY, Véronique. Aromathérapie 1, Herbothèque, Lantier, 2013, 244 p.

TURBIDE, Michel. L’aromathérapie, huiles essentielles du Québec et du monde, Santé Arôme, 2e édition, 2009, 244 p.

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