Racines nourricières et médicinales

Chercher la santé par le simple fait de se nourrir avec des aliments sains et frais, de donner à notre corps ce dont il a besoin pour bien accomplir ses fonctions, n’est-ce pas là les bases de la prévention et de la santé?

Les racines sont si présentes en période hivernale. Dans la dormance, les végétaux trouvent une grande quantité de nutriments dans ces parties cachées en terre. La vie se conserve dans les racines pour survivre à l’hiver et nous permet aussi de nous nourrir. On peut même les récolter en hiver, si on a au préalable installé un paillis épais à l’automne!

 

Médecine comestible et nutritive

Revenons donc à l’essentiel et honorons nos racines! À la fois nourricières et réconfortantes, les racines occupent une grande place dans nos vies et notre alimentation hivernale. Plusieurs des racines médicinales sont très nutritives et contiennent un bon pourcentage d’inuline, un prébiotique. En résumé, un prébiotique sert de nourriture pour nos belles bactéries ce qui aidera à maintenir ou à ramener un équilibre bactérien sain au niveau du microbiote intestinal. (Certes il faut aussi travailler sur les muqueuses digestives pour favoriser un environnement favorable pour ces mêmes bactéries et autres microorganismes qui constituent le microbiote intestinal.) Par ricochet, cet équilibre bactérien favorisera aussi une meilleure assimilation des nutriments. C’est donc un élément doublement bénéfique!

 

Racines nourricières et médicinales

Inule aunée (Inula helenium)

Elle a une teneur élevée en inuline (prébiotique) et on dénote en son sein la présence de multiples minéraux dont le calcium, le magnésium et le potassium. Cette belle dame aux fleurs d’un jaune vibrant, est pleine de feu et de vitalité et c’est ce qu’elle nous offre. L’inule aunée est aussi une bonne amie lors d’infections du système respiratoire.

 

Grande bardane et petite bardane (Arctium lappa et Arctium minus)

Les belles et puissantes bardanes. Elles sont bien connues pour leur côté altératif puissant qui peut exacerber des troubles cutanés, même si elles permettent d’agir directement sur ceux-ci, en travaillant en profondeur sur le terrain. Il faut simplement commencer tout doucement avec elles, prendre le temps de les apprivoiser.

Les bardanes ont aussi un côté hautement nourricier qui alimente l’organisme en profondeur. Elles sont riches en inuline, mucilages, amidon, calcium, potassium, manganèse, zinc, fer et cuivre.

 

Chicorée sauvage (Cichorium intybus)

Elle est aussi riche en inuline, mais également en fer, en calcium, en phosphore, en magnésium, en potassium et en plusieurs oligo-éléments. Ses vertus sont similaires à celles de son grand ami le pissenlit, deux compagnons qui savent très bien s’implanter! Vous la verrez orner les bords de chemins, car elle sait prendre sa place même dans des endroits qui semblent austères. La racine de chicorée sauvage favorise une bonne digestion, surtout en agissant comme cholérétique et cholagogue, au niveau du foie.

 

Patience crépue (Rumex crispus)

C’est définitivement une des premières racines à laquelle penser lorsque l’on manque de fer, car elle en est très riche. Elle contient aussi du bêta-carotène, des vitamines B1, B3 et C, du calcium, du magnésium, du sélénium et du phosphore.

De plus, cette plante favorise l’assimilation des nutriments et le retour du fonctionnement adéquat des organes d’élimination. Une vraie racine de santé globale.

 

Pissenlit (Taraxacum officinale)

Ce fameux pissenlit que tout le monde arrache! Il est bien plus avantageux de le manger que de le mettre au compost! Il viendra nourrir le corps par son apport en provitamine A, en sodium, en potassium, en oligo-éléments, en calcium, en potassium, en fer et en vitamines B1, B2 et C. Lui aussi contient la précieuse inuline.

Le pissenlit est pour moi un être extraordinaire qui fait un travail en profondeur sur l’organisme. Il le fortifie tout en l’assainissant. En plus dans ma pratique, je n’ai jamais vu de crises de guérison avec lui. Tout se fait, mais sans brusquer l’organisme. On peut l’utiliser à très long terme.

 

Shatavari (Asparagus racemosa)

Une plante de la médecine ayurvédique dont la racine réduite en poudre me rappelle le lait maternisé. Tout à l’image de son côté hautement nourricier. C’est une racine qui tonifie lors de fatigues, elle calme les irritations et aide à ramener la libido, la joie interne. Elle est une adaptogène qui favorise la fertilité de l’organisme.

 

Racines de douceur

Hé oui, lorsque l’on parle de nourrir l’organisme, il me semble important d’intégrer ces racines émollientes pleines de mucilages qui nourrissent notre microbiote et réparent nos muqueuses digestives. Car lorsque notre univers digestif fonctionne bien, nous pouvons alors bien absorber ce que l’on ingère. En effet, on peut manger sainement avec des aliments complets, frais, etc., mais avoir des difficultés avec nos muqueuses et nos bactéries digestives et se retrouver en carences nutritionnelles. Simplement parce que notre corps n’arrive pas à bien absorber et assimiler les nutriments ingérés.

Les premières racines de douceur qui me viennent à l’esprit sont les racines de guimauve officinale (Althaea officinalis) et de mauve des bois ou de mauve musquée (Malva sylvestris ou M. moschata). Je les aime d’amour!

Elles viennent littéralement ajouter un baume protecteur sur nos muqueuses internes, permettant à celles-ci de se régénérer, de se cicatriser, se réparer et donc de créer un milieu accueillant et douillet pour nos bonnes bactéries digestives. De plus elles vont aussi agir sur l’inflammation, en la réduisant. Quand la douceur est gage de plénitude!

 

Racines fortifiantes

Il y a de ces plantes qui ne sont pas nécessairement reconnues pour leur côté nourricier, mais qui viennent tonifier l’organisme entier et qui méritent d’être nommées. En voici deux qui sauront ajouter du plein à votre santé. Elles sont à la fois sucrées et pleines de vitalité profonde.

Angélique (Angelica archangelica)

À son port robuste on comprend qu’elle nous procure force et énergie lorsque la fatigue nous gagne. Elle n’est pas nutritive à priori, mais elle fortifie le système digestif et permet par ricochet d’améliorer la digestion. J’adore cette grande dame, surtout en période hivernale quand notre système nerveux semble dépasser ses limites et que notre rythme de vie est trop soutenu. Elle est excellent lorsque l’on sent la fatigue et même l’épuisement nous gagner.

 

Astragale (Astragalus membranaceus)

Une belle adaptogène sucrée qui nous aide à mieux gérer le stress en plus de renforcer nos défenses immunitaires. En médecine chinoise, on dit qu’elle nourrit la rate. Dans ma pratique J’ai observé qu’elle a aussi un côté réchauffant qui est tout indiqué pour les gens plus yin qui ont besoin de chaleur.

 

Consommons nos racines médicinales

Il existe de multiples façons de transformer nos racines, de les intégrer à notre quotidien. Souvent, on s’en tient aux transformations traditionnelles propres à l’herboristerie, telles que la décoction, le sirop, le concentré liquide, mais il existe une multitude d’autres formes disponibles.

Les poudres de plantes peuvent être incorporées à des bouillons, des smoothies, des laits végétaux ou même simplement de l’eau chaude.

Les racines de plusieurs plantes peuvent être manger de la même façon que nos carottes ou betteraves. En sautés, en soupe, au four, etc. Notre médecine végétale gagne à être intégrée dans notre quotidien.

 

Lactofermentations

Pour ma part, je me fais un grand plaisir de transformer les racines sous forme de lactofermentations. Ce procédé rend leurs nutriments doublement plus accessibles pour mon organisme. Souvent, on pense directement aux légumes que nous connaissons tous tels la carotte, la betterave, le panais, le navet, le radis, etc.

Et si nous pouvions y ajouter nos merveilleuses nourricières de la sphère médicinale, sous forme fraîche? Elles viendront simplement augmenter la valeur médicinale de nos lactofermentations et même y ajouter de nouvelles saveurs inédites. Une véritable nourriture de vitalité que des lactofermentations vibrantes couplées à nos alliées végétales de santé!

 

Revenir aux racines de notre santé, c’est nourrir pleinement notre corps.

C’est aussi lui offrir le repos, le ralentissement bénéfique dont il a besoin. Profitons de ce ralentissement de rythme et offrons-nous un repos nourricier, accompagné par de merveilleuses racines. C’est littéralement la santé par la base!

 

Notez que certaines plantes citées ci-haut ont des interactions et contre-indications, veuillez bien vous informer avant de les consommer.

 

Références

Monographies du cours Herbart de l’Herbothèque: aunée, angélique, pissenlit, chicorée, patience crépue et bardane.

WINSTON, David et Steven Maimes. Adaptogens – Herbs for strength, stamina, and stress relief Healing Arts Press, Rochester (Vermont), 2007, 324 p.

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