Vision anthroposophique des Liliacées

Aujourd’hui avec les recherches en génétique, cette famille est éclatée en une dizaine de familles. La génétique donne des précisions qui amènent les botanistes à reclasser avec une approche qu’il considère plus précise. C’est ainsi que la famille des Liliacées s’est trouvée divisée. Intéressant quand on voit comment l’éclatement des familles est de plus en plus fréquent chez les humains. Mais bon, c’est une autre histoire! Cette nouvelle classification ne met pas en cause la vision proposée ici qui correspond à la classification de l’époque de l’auteur.

Les Liliacées sont des plantes de la classe des Monocotyles, c’est-à-dire que ce sont des plantes dont l’embryon (de la graine) n’est muni que d’une seule cotyle bien développée (la première feuille formée avant la germination de la graine). Avec la famille des Liliacées, les plantes de la classe des Monocotyles atteignent, en tant que végétaux à fleurs, leur perfection et leur sommet. La famille des Liliacées se caractérise par une accumulation de l’éthérique – de l’élément EAU – et de l’essor floral – de l’élément AIR – accompagnés aussi du processus SULPHUR (Lumière et Chaleur).

Les racines – Primitives

La production de racines chez les Liliacées reste faible et très primitive. SAL, c’est-à-dire le processus de la matière, de l’élément TERRE, prend peu de part à sa vie. Les racines ne tendent pas à se minéraliser, à se lignifier, à devenir arbre ou même arbuste.

Les feuilles – Gouttes de liquide

L’accumulation éthérique s’exprime par un gonflement aqueux et mucilagineux. Elle se retrouve surtout dans le domaine souterrain par la formation de bulbes, de tubercules, de rhizomes, mais la tendance monte souvent jusque dans le processus foliaire qui est retenu au ras du sol et se déploie en rosettes. L’élément EAU y est très présent.

Le bulbe

Le bulbe lui-même, qui s’enfonce plus ou moins dans le sol, est un organe foliaire refermé, inhibé, gonflé autour d’une pousse très atrophiée. À la vue des Liliacées, on a l’impression de quelque chose d’infantile, de primitif, voire même d’embryonnaire. Les plantes de cette famille veulent tout d’abord former des globes aqueux, des gouttes vivantes de liquide.

Les fleurs – L’hexagonal – le cercle

Le processus floral des Liliacées est très intense avec ses parfums, ses couleurs et ses formes. Du liquide – de MERCUR – est issu un puissant processus sulfurique dans lequel la matière même du soufre vient jouer son rôle, notamment chez le genre Allium. Le soufre pénètre l’albumine liquide, en sépare des essences sulfurées (oignon, ail) et les entraîne dans la région volatile des odeurs florales : l’odeur si particulière et caractéristique des fleurs de ciboulette, d’oignon.

Les Liliacées passent du domaine de l’eau au domaine de l’air. On remarque une odeur forte, irritante et sulfureuse, à l’arrière-plan des plus agréables parfums de cette famille, par exemple celui du muguet ou de la jacinthe. C’est grâce à cette sulfurisation de ses processus albuminoïdes (protéines) que les Liliacées, malgré leur succulence aqueuse, peuvent finalement s’adonner si fort à la lumière et à la chaleur.

Les fleurs suivent la loi de l’hexagone régulier, de l’étoile à six rayons. De la goutte à l’hexagone qui n’est pas loin du cercle, on retrouve cette ressemblance. L’eau, d’ailleurs, possède en propre la forme hexagonale du cristal de glace, en même temps que la forme ronde de la goutte.

On pourrait résumer l’archétype des Liliacées : il descend du ciel, c’est une étoile à six branches dans toute sa pureté et sa froideur, mais il fond au contact de la surface de la terre. Les Liliacées de la zone tempérée, surtout celles de la région méditerranéenne, présentent bien nettement cet archétype. On connaît aussi des Liliacées qui attendent, sous terre, des années avant d’exalter en inflorescences imposantes en forme de cierge.

Le processus sulfuré

En tant que minéral, le soufre est l’élément qui agit sur l’albumine (protéines) en favorisant ses forces formatrices. Le processus de formation de l’albumine (principalement transformée par le foie), lorsqu’il se fait trop paresseusement, est accéléré par le soufre qui s’y adjoint. Le soufre – SULPHUR – est la substance « avec laquelle l’Esprit se mouille les doigts » (Rudolf Steiner) pour pouvoir modeler l’albumine vivante.

L’albumine et le soufre

L’albumine (les protéines) a toujours besoin du soufre. Le soufre aide les Liliacées à passer de MERCUR (les feuilles) au processus floral. La Liliacée oscille entre MERCUR et SULPHUR. Le processus assimilateur ne se densifie même pas jusqu’à une production d’amidon, mais se contente d’une phase mucilagineuse et sucrée qui retient fermement l’eau et évite son évaporation. Les Liliacées oscillent entre l’élément EAU et celui de l’AIR – aussi de l’élément FEU.

Leur répartition

Il existe environ 200 genres et 2 600 espèces de Liliacées. Elles sont réparties sur toute la terre. Le Grand Nord et les hautes altitudes avec leurs forces cristallines (Les pôles sont SAL de la terre) n’en offrent que peu d’exemples tandis que les climats subtropicaux et tropicaux (SULPHUR de la terre) les voient proliférer.

Les Liliacées ne sont pas aquatiques ou palustres (des marécages), car l’eau extérieure peut les gêner. Une goutte qui attend d’être illuminée et colorée menacerait de se perdre dans une vaste étendue d’eau.

En revanche, le froid des régions polaires la pétrifierait en un cristal de glace.

Quelques liliacées médicinales

Les Liliacées médicinales, étant donné que toutes sont très florales, s’adressent au métabolisme, au bas de l’organisme. L’activité digestive est stimulée, les aliments liquéfiés sont plus facilement saisis par le corps éthérique, la force vitale, et sont amenés par lui dans la direction des processus constructeurs, puis livrés à la partie du corps astral qui agit dans le métabolisme, dans la respiration cellulaire.

L’ail (Allium sativum)

De bulbe, il devient caïeux, puis monte vers le ciel et fait une fleur qui elle-même produit des bulbilles. Toute la plante est imprégnée d’une odeur sulfureuse, chaude. L’ail aime les régions sèches et chaudes. Ce processus si sulfurisé entre la racine et la feuille s’oppose aux processus SAL, l’élément TERRE de minéralisation et d’accumulation. L’ail est, en effet, hypotenseur et antisclérosant. L’ail aide à la digestion. Il élimine tout parasite et aide la flore intestinale à rester normale. Le soufre est reconnu pour ses propriétés antifongiques. La nourriture ainsi purifiée ne provoque pas de réactions allergiques ou rhumatismales. La résistance générale est accrue. Dans le domaine respiratoire, tout tourne vers l’astral, l’air. L’élément Eau rejoint l’élément Air.

L’oignon (Allium cepa)

Il a des feuilles tubulaires remplies d’air. Son ombelle de fleurs se dresse aussi loin que possible de la terre. Il est très aromatisé, sulfurisé dans toutes ses parties. Il contient aussi des mucilages de l’inuline, du sucre, etc. Ses effets digestifs accélèrent le métabolisme. Le flux biliaire est augmenté. Toute l’organisation des liquides est mieux soumise à la régulation par le corps astral. L’urine est stimulée. Les stases aqueuses, les oedèmes, les suintements de tissus sont maîtrisés et éliminés. Il agit aussi sur la gorge et les voies respiratoires en adoucissant les inflammations et en accélérant l’expectoration.

L’aloès (Aloe vera)

C’est une métamorphose du type bulbeux. Il existe environ 130 espèces d’aloès qui habitent dans les déserts et les steppes de l’Afrique. Ici, le végétal croît pendant des années jusqu’à ce que ses forces vitales éclatent avec force en une inflorescence dressée. La hampe florale mesure près d’un demi-mètre. On recueille par incision le suc mucilagineux des feuilles. Le suc contient une substance amère, l’aloïne (dérivé de l’anthraquinone, un laxatif qui se retrouve aussi dans la rhubarbe, le séné, etc.) puis de l’émodine, des colorants, des substances insecticides et conservatrices. On l’emploie pour tonifier, enflammer tout le métabolisme; on l’emploie aussi comme stomachique, purgatif, cholagogue, emménagogue. En usage externe, il favorise la guérison des plaies, apaise la douleur des brûlures. C’est une plante dont la vitalité s’unit à une sulfurisation bien maîtrisée à laquelle s’ajoute l’action d’un ensoleillement torride – la chaleur de l’élément FEU.

L’asperge (Asparagus officinalis)

Dans le genre Asparagus, le rhizome est gros, ligneux, vivace. Au bout de plusieurs générations d’un feuillage fin et délié, très souple, la floraison apparaît séparément sur les pieds mâles et sur les pieds femelles. Les fleurs sont petites, d’un jaune vert. Le fruit, de la grosseur d’un pois est rouge-orangé avec une graine noire. L’asperge est originaire de la Méditerranée. Cette plante est amie de la silice et agit sur les reins et la vessie. L’asparagine contenue dans le rhizome et dans la pousse augmente les échanges gazeux de l’organisme, élève le métabolisme. On emploie l’asperge en raison de ses pouvoirs diurétiques dans l’hydropisie, les affections des reins et de la vessie, les excès d’acide urique, la rétention d’urine et les calculs urinaires. Il est intéressant de constater son côté – SULPHUR – dans l’odeur particulièrement sulfurée de l’urine produite après avoir mangé des asperges.

Voici d’autres genres de la famille des Liliacées :
• Les lis
• Les hémérocalles
• Les belles fleurs printanières à bulbes comme les jacinthes, les narcisses, les jonquilles, les tulipes.
• Les trilles
• Le muguet
• La salsepareille (Smilax)

Source

PELIKAN, Wilhelm, , tome I, traduction française de Germaine Claretie, Édition Triades, Paris, France, 1962, 398 p.

 

Article tiré du Journal Terre de Vie, Printemps 2009

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